Vcir. avant.i^eusc, illustre
l66 SUR LA NATIVITÉ DE LA SAINTE VIERGE.
dilïcre en rien de celle des autres : je suis entré nu en ce monde, comme étant exposé à toute sorte d'injures; j'ai salué comme les autres hommes la lumière du jour [jar des pleurs ; le premier air cpie j'ai respiré m'a servi tout ainsi c]u a eux ?i former des cris : Primam vocem similem omnibus cmisi plorans. Telle est en effet la naissance des plus grands (') monarques : Ncmo enim ex rcgilms aliud Jialmit nativitatis iiiitiiini ("). De quelque grandeur que les flatte[nt] leurs courtisans, la nature, cette bonne mère qui ne sait ce que c'est que flatter, ne les traite pas autrement que les moindres de leurs sujets. Voilà, chrétiens (^), oi^i le plus sage des rois appelle les grands de ce monde. Et d'autant que c'est là sans doute où leur ambition a le plus à souffrir, il n'est pas croyable combien de sortes d'inventions ils ont été rechercher pour se mettre hors du pair même dans cette commune faiblesse. Il faut, disent-ils, à quelque prix que ce soit, séparer du commun des hommes le prince naissant. C'est pourquoi chacun s'empresse de lui rendre des hommages, qu'il ne comprend pas! S'il paraît dans la nature quelque changement ou quelque prodige, on en tire incontinent des augures de sa bonne fortune, comme si cette grande machine ne se remuait que pour cet enfant. Comme le temps présent ne lui est point du tout favorable, parce qu'il ne lui donne rien qui le distingue de ceux de son âge, il faut consulter l'avenir et avoir recours à la science des pronostics. C'est ici que les astrologues, mêlant dans leurs spéculations la curiosité et la flatterie, leur font des promesses hardies, dont ils donnent pour garants des influences cachées. C'est dans ce même dessein que les orateurs du siècle, dans ces belles oraisons qu'ils appellent généthliaques {^), d'un nom magnifique, tâchent de faire valoir l'art des conjectures. Ainsi l'ambition humaine, ne pouvant se contenir dans cette simple et naïve
a. Sap., VII, 3, 5.