I. Edit. que
SUR LA NATIVITÉ DE LA SAINTE VIERGE. l8l
[Je sais bien (') qu'elle va quelquefois plus avant, qu'elle porte son amitié jusqu'à ses amis, et généralement à toutes les choses qui lui appartiennent ; mais particulièrement pour ce qui rcç^arde la propre personne de son fils, vous savez (^) qu'elle y est sensible au dernier point: Je vous demande maintenant : qu'était la divinité au Fils de Marie? comment touchait-elle à sa personne? lui était-elle étrangère? Je ne veux point ici vous faire de questions extraordinaires ; j'interpelle seulement votre foi : qu'elle me réponde. Vous dites tous les jours, en récitant le symbole, que vous croyez en JÉSUS-Chrtst, Fils de Dieu, qui est né de la Vierge Marie : celui que vous reconnaissez pour le Fils de Dieu tout-puissant, et celui qui est né de la Vierge, sont-ce deux personnes ? Sans doute ce n'est pas ainsi que vous l'entendez. C'est le même qui, étant Dieu et homme, selon la nature divine est le Fils de Dieu, et selon l'humanité le Fils de Marie. C'est pourquoi nos saints Pères ont enseigné que la Vierge est Mère de Dieu. C'est cette foi, chrétiens, qui a triomphé des blasphèmes de Nestorius, et qui jusqu'à la consommation des siècles fera trembler les démons. Si je dis après cela que la bienheureuse Marie aime son Fils tout entier, quelqu'un de la compagnie (3) pourra-t-il désavouer une vérité si plausible.-* Par conséquent, ce Fils qu'elle chérissait tant, elle le chérissait comme un Homme- Dieu : et d'autant que ce mystère n'a rien de semblable sur la terre, je suis contraint d'élever bien haut mon esprit pour avoir recours à un grand exemple, je veux dire à l'exemple du Père éternel.
Depuis que l'humanité a été unie à la personne du Verbe, elle est devenue l'objet nécessaire des complaisances du Père. Ces vérités sont hautes, je l'avoue ; mais comme ce sont des maximes fondamentales du christianisme, il est important qu'elles soient entendues de tous les fidèles; et je ne veux rien avancer, que je n'en allègue la preuve par les Ecritures. Dites-moi, s'il vous plaît, chrétiens, quand cette voix miraculeuse éclata sur le Thabor de la part de Dieu : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé dans lequel je me .suis plu (''), » de qui pen.sez-vous que parlât le Père éternel ? n'étaitce pas de ce Dieu revêtu de chair, qui paraissait tout resplendissant aux yeux des apôtres? Cela étant ainsi, vous voyez bien, par une déclaration si authentique, qu'il étend son amour paternel jusqu'à l'humanité de son Fils ; et qu'ayant uni si étroitement la nature humaine avec la divine, il ne les veut plus .séparer dans son affection. Aussi est-ce là, si nous l'entendons bien, tout le fondement de notre
a. Maiih.^ xvii, 5.
1. Ici nouvel emprunt: « Je sais bien, et le reste .\ la p. 21 J- jusqucs h la p. 24 -y. Après quoi ce qui s'ensuit. » (Croissez donr...") Cf. p. S4.