I. Un rôle, c'est-à-dire, une liste
SUR l'évangile des zizanies. 227
Viendra, viendra enfin cette dernière séparation. O jour terrible pour les méchants ! ôjour mille et mille fois heureux pour les bons ! Où iront les méchants séparés des enfants de Dieu ? C'est ce mélange, mes sœurs, qui empêche que Dieu ne les foudroie ; il leur pardonne pour l'amour des siens, leur présence modère sa juste ftireur. C'est pourquoi, dans notre Evangile, il défend d'arracher l'ivraie, « de peur d'endommager le bon grain : » Me forte colligentes zizania, eradicctis simul citm eis et triticum (f). Considérez, mes sœurs, que comme en ce monde les bons et les méchants sont mêlés, aussi la colère et la miséricorde divines sont, en quelque façon tempérées l'une par l'autre. C'est pourquoi le prophète a dit que « le calice qui est en la main de Dieu est mêlé. » Le vin signifie la joie : Vinum lœtijicat (^'); et l'eau, les tribulations : Salv7im mefac, Deus, quoniam intraverunt aguœ i^): Le prophète David dit que son âme est environnée d'eaux, c'est-à-dire de tribulations. Vint meri plenus inixto {^) : c'est ce mélange que le siècle doit boire. Sa vengeance est toujours mêlée de miséricorde, sa miséricorde de même : Parcente mami sœvit et donat. Mais après ce siècle il ne restera plus que la lie : Veru7ntamen fœx ejiis non est exinanita ; bibent omnes peccatores terrœ ('). Ces pécheurs séparés des bons, ces pécheurs surpris dans leur crime, ces pécheurs qui ne seront jamais gens de bien, « ils boiront toute la lie » et toute l'amertune de la vengeance divine. Fuyons, fuyons, mes sœurs, fuyons de leur compagnie ; n'ayons point de commerce avec eux. Votre profession vous en a déjà en quelque façon séparées. Mais ne faites pas comme les Israélites : ne désirez point les plaisirs de l'Egypte, ne retournez pas la tête en arrière, pour voir ce que vous avez quitté; mais tenez vos yeux fichés éternellement à l'héritage qui vous est promis, aux saintsqui vous attendent, à Ji'sus (]ui vous tend les bras pour vous recevoir en sa gloire.
a. Matth., XHI, 29. — b. Ps., CHi, 15. ~ c. Ps., LXViii, i. — li. Ps.^ LXXIV, 9. — e. Ibid,
SERMON POUK LA. VEILLE dk la
FÊTE DK LA CONCEPTION de la
SAINTE VIERGE ('). 7 décembre 1652. '^
M. Gandar {Bossuet orateur, p. i6i) compte ce discours parmi ceux de l'année 1656. L'étude de l'orthof^raphe de Bossuet a démontré l'impossibilité d'admettre cette date. En 1656, Bossuet était revenu à l'orthoL^raphe commune, étymologique dans son ensemble ; au contraire" ce sermon nous montre l'épanouissement des formes phonétiques dans les mots sujets à variations chez Bossuet. (Voy. le Tableau ortliographique à la fin de l'Introduction ; et Histoire critique de la Prédication de Bossuet, p. 117 et 130). Il contient même des particularités, qui ne permettent de le placer qu'à la fin de 1652. Si ce discours fut prononcé à Navarre, comme on l'a cru (2), il faut supposer un voyage de Bossuet à Paris, dont le souvenir ne nous aura pas été conservé.
Sommaire (3). — Tota pulchra es.
Quodnatum est ex carne, caro est (p. 3, 4). — Dieu fait des choses coiître l'ordre commun (p. 4, 5). — Les grâces faites à Marie sont sans conséquence (p. 6,j). — Faut distinguer JéSUS-Christ d'avec Marie, mais aussi Marie d'avec les autres (p. 8) ; — et que le péché soit vaincu partout (p. 9). — Le futur, présent à Dieu (Tertull.) (p. 10, II). — Il agit en homme avant l'Incarnation f7>r/?///.j .• donc en fils avant qu'il le soit (p. il, 12).
Réflexion sur le vice de notre origine, et sur la faiblesse de la convoitise (p. 14, 15). — La nature se perd en présumant de se o-uérir. Nous ne voulons le bien qu'imparfaitement La loi, les préceptes, appareil externe : il faut un remède au dedans, la grâce; volonté imparfaite, et non pleine. Maladie de la nature. ( Voyez p. 15.) —
Tota pulchra es^ arnica 7nea.
(Cant., IV, 7.)
C^ I le nom de Marie vous est cher, si vous aimez sa ^^^ gloire, si vous prenez plaisir de célébrer ses louanges, chrétiens enfants de Marie, vous que cette Vierge très pure assemble aujourd'hui en ce lieu, réjouissez-vous en Notre-
1. Mss. 12825, f 3-15 : petit in-f"; paginé à l'époque des Sommaires.