‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 4)Chapitre 153 sur 296 · I. J/j. s'assira · texte numérisé non relu

I. J/j. s'assira

majesté royale est environnée. Aussi, quand ils virent le Sauveur Jésus, qui, dans une si basse fortune, prenait la qualité de Messie, je ne sauraisvous direcombien ils en furent surpris. Cent fois il leur avait dit qu'il était le Christ ; cent fois il l'avait attesté par des miracles irréprochables, et ils ne cessent de l'importuner: Mais, enfin, dites-nous donc qui vous êtes; « jusques à quand nous laisserez-vous en suspens? Si vous êtes le Christ, dites-le nous franchement, » et nous en donnez quelque signe : Quousque (') aniviavi nos tram tollis ? si tu es Christtcs, die nobis palam (''). Ils eussent bien voulu qu'il leur eût dit autre chose. Ils lui eussent volontiers accordé tout l'honneur qui était dû aux plus grands prophètes; mais ils eussent été bien aises de lui persuader ou bien de se faire roi, ou bien de se déporter volontairement de la qualité de Messie. Et nous lisons en saint Jean, qu'après cette miraculeuse multiplication des cinq pains, quelques peuples [p. 5J étant convaincus qu'un miracle si extraordinaire ne pouvait être fait que par le Messie, s'assemblèrent entre eux, et conspirèrent de le faire roi ('''). Et ils eussent exécuté leur dessein, s'il ne se fût échappé de leur vue.

Etrange illusion des hommes, parmi lesquels ordinairement toutes sortes d'opinions sont reçues, excepté la bonne et la véritable! Les uns diiiaient que Jésus était un séducteur; les autres, ne pouvant nier qu'il n'y eût en sa personne quelque chose de surnaturel, se partageaient entre eux en mille sentiments ridicules. Quelques-uns assuraient que c'était Elie ; d'autres aimaient mieux croire que c'était Jean- Baptiste ou bien quelqu'un des prophètes ressuscité (^): y^/// Eltajn, alii Joannein Baptistam aut unum ex prophetis (^). Et à quelles extravagances ne se laissaient-ils point emporter, plutôt que d'avouer qu'il fût le Messie! D'oii vient cette obstination, chrétiens.^ C'est qu'ils avaient l'imagination remplie de cette magnificence royale et de cette majesté composée, de laquelle ils avaient fait leur idole. Et cette fausse créance avait telle vogue parmi les Juifs, que ce vieux et infortuné

a.Joaji.^ X, 24. — ù. Ibid.,M\, 15. — c. Matih., xvi, 14. I. Ms. Quid aniinam... — 2. Édit. Lac/ia^ : ressuscites.

politique, qui avait toujours son âme troublée d'un furieux désir de régner, qui ne craignait pas moins, qui n'épargnait pas plus ses enfants que ses ennemis, c'est Hérode dont je veux parler, conçut de la jalousie de cette royauté prétendue. De là ce cruel massacre des Innocents, duquel nous célébrions la mémoire ces jours passés.

Je ne sais si je me trompe, fidèles, mais il me semble que ces observations sur l'histoire de Notre-Seigneur ne doivent pas vous déplaire. Ainsi je ne craindrai pas d'en ajouter encore une, qui vous fera voir manifestement combien cette opinion de la royauté du Sauveur était enracinée dans l'esprit des peuples. C'est que les apôtres mêmes, eux que le Fils de Dieu honorait de sa plus intime confidence, bien qu'en particulier et en public il ne leur promit que tourments et ignominie en ce monde, ils n'avaient pu encore se déprendre de ce premier sentiment dont on avait préoccupé leur enfance. « Hé ! Maître, lui disaient-ils, quand est-ce qu'arrivera votre règne ? sera-ce pas bientôt que vous rétablirez le royaume abattu d'Israël ('') ? » Ils ne pouvaient goûter ce qu'il leur prédisait de sa mort. Comme ils voyaient son crédit s'augmenter, ils croyaient qu'à la fin il viendrait à bout de l'envie, et qu'il attirerait tout à lui par sa vertu et par ses miracles. Ils se flattaient Tesprit de mille espérances grossières. Déjà ils commençaient à se débattre entre eux de l'homieur de la préséance. Et ne fut-ce pas une belle proposition que les deux frères inconsidérés firent faire à Notre-Seigneur par leur mère trop crédule et trop simple ^ Ils s'imaginaient déjà le Sauveur dans un trône éclatant de pierreries, au milieu d'une grosse cour. Et, Seigneur, lui disent-ils, (juaiul nous commencerez votre règne, nous serions bien aises (\uv l'un de nous fût assis à votre droite, et l'autre | p. 6] à la gauche C^). Tant ils abusaient de la patience et de la faveur de leur Maître, repaissant leur âme d'une vaine et puérile ostentation ! Si bien (|ue Notre-Seigneur, ayant pitié de leur ignorance, commence à les désabuser par ces mémorables paroles : O disciples trop grossiers, qui vous imaginez dans ma royauté un faste et une pompe mondaine, « vous ne

a. At:t.y I, 6. — b. Matth.^ XX, 21.

Sermon» tic HosNiiet. »7

savez ce que vous me demandez : la chose n'ira pas de la sorte : Nescifis quid pctatis ("). Pourrez-vous bien boire le calice que je boirai ?» Ce calice, c'est sa Passion dont il leur a parlé tant de fois sans qu'ils aient voulu le comprendre. Puis, après quelques avis excellents, voici comme il conclut son discours : « Sachez, dit-il, que le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais afin de servir lui-même et afin de donner sa vie pour la rédemption de plusieurs ('''). »

Ah ! disciples encore ignorants, et vous, mère malavisée, ce n'est pas là ce que vous prétendiez : vous demandiez de vaines grandeurs, on ne vous parle que de bassesse. Mais mon Sauveur l'a f^iit de la sorte, afin de nous insinuer doucement, par le souvenir de sa Passion, que notre roi était un roi pauvre ; qu'il descendait sur la terre, non pour se revêtir des grandeurs humaines, mais pour nous apprendre par son exemple à les mépriser (') ; et que comme c'était .par sa Passion qu'il devait monter sur son trône, aussi est-ce par les souffrances que nous pouvons aspirer aux honneurs de son royaume céleste. C'est ici, c'est ici, chrétiens, où, après vous avoir exposé les divers sentiments des hommes touchant la royauté de Jésus, j'aurais à demander à Dieu la langue d'un séraphin, pour vous exprimer dignement les sentiments de Jésus lui-même !

Certes, je ne puis voir sans étonnement, dans les Écritures divines, que le débonnaire Jésus qui, durant tout le cours de sa vie mortelle, faisait, pour ainsi dire, parade de sa bassesse, quand il sent approcher son heure dernière, ne parle plus que de gloire, n'entretienne plus ses disciples que de ses grandeurs. Il était à la veille de son infâme supplice. Déjà il avait célébré cette Pâque mystérieuse qui devait être le lendemain achevée par l'effusion de son sang. Son traître disciple venait de sortir de sa chambre pour aller exécuter le détestable traité qu'il avait fait avec les pontifes. Sitôt

a. Afatth., XX, 22. — b. Ibid.^ 28.

I. M. Lâchât donne ici une prétendue note marginale de quinze lignes. Or, dans le ms., dont il parle résolument sans l'avoir vu (Voy. sa notice, VIII, 298), il n'y a ni note ni marge. Le fragment que placent ici les éditeurs, appartient en réalité à une Vcturc^ prononcée le 6 janvier 1660. (Autographe à Dijon, pour le fragment ; et à Rongères (Allier), pour le corps du discours.)

qu'il se fut retiré de sa compagnie, mon Maître, qui n'ignorait pas son perfide et exécrable dessein, comme s'il eût été saisi tout à coup d'une ardeur divine, parle de cette sorte aux apôtres : « Maintenant, maintenant, dit-il, le Fils de l'homme va être glorifié: » Nunc clarificatus est Filius hoiiiinis ("). Eh ! mes frères, que va-t-il fairePOue veut dire \j^.^^zç. Maint eiiant , demande fort à propos en ce lieu l'admirable saint Augustin (^) ? Va-t-il point peut-être s'élever dessus une nuée pour foudroyer tous ses ennemis ? ou bien est-ce qu'il fera descendre des légions d'anges pour se faire adorer par tous les peuples du monde ? Non, non, ne le croyez pas. Il va à la mort, au supplice, au plus cruel de tous les tourments, à la dernière des infamies ; et c'est ce qu'il appelle sa gloire, c'est son règne, c'est son triomphe.

Regardez, je vous prie, mon Sauveur, dans cette triomphante journée en laquelle il fait son entrée dans la ville de Jérusalem, peu de jours devant qu'il mourût. Il était monté sur un âne : ah ! fidèles, n'en rougissons pas. Je sais bien que les grands de la terre se moqueraient d'un si triste et si malheureux équipage ; mais Jésus n'est pas venu pour leur plaire ; et quoi que puisse penser la folle arrogance des hommes, cet équipage d'humilité est certes bien digne d'un roi qui est venu au monde pour fouler aux pieds ses grandeurs. Ce n'est pas là toutefois ce que je vous veux faire considérer.

Jetez, jetez les yeux sur ce concours de peuple (') de toutes les conditions et de tous les âges, qui accourent au-devant de lui, des palmes et des rameaux à la main, en signe de réjouissance, et qui, pour faire paraître leur zèle à ce nouveau prince, dans une si sainte cérémonie de toutes les conditions et de tous les âges, font retentir l'air de knirs cris de joie: « Béni soit, disaient-il| s |, le Fils de David ; \ive le roi d'Israël ! >> Hosanna Filio David ; bcncdictiis (/iti vcnit in nominc Doniini, rex Israël ('). Et parmi ces bienheureuses acclamations il entre dans Jérusalem. Quel est ce nouveau

a.Joim.^ \in, 31. — b. Tract. 1 xm lu Joau., 11. 2. — c. Mutth., XXI, 9 ;/<»*!«., xn, 13.

I. Var. sur celte grande nuilliliule tic peuple qui acc(»r.it

26o POUR LA CIRCONCISION

procédé, si éloigné de sa conduite ordinaire ?et depuis quand je vous prie, ainie-l il les applaudissements, lui qui, étant cherché autrefois par une grande multitude de gens qui s'étaient ramassés des villes et des bourgades voisines, en résolution de le faire roi, comme je vous le rapportais tout à l'heure, s'était retiré tout seul au sommet d'une haute montagne, pour éviter leur rencontre ? Il entend aujourd'hui tout ce peuple qui l'appelle hautement son roi ; les pharisiens jaloux l'avertissent d'imposer silence à cette populace échauffée : « Non, non, répond mon Sauveur ; les pierres le crieront, si ceux-ci ne le disent pas assez haut : » Si hi taaierint, lapides clamabunt (^).

Que dirons-nous, je vous prie, d'un changement si inopiné ? 11 approuve ce qu'il rejetait; il accepte aujourd'hui une royauté qu'il avait autrefois refusée. Ah! n'en cherchez point d'autre cause; c'est qu'à cette dernière fois qu'il entre dans Jérusalem, il y entre pour y mourir ; et mourir, à mon Sauveur, c'est régner. En effet, quand est-ce qu'on l'a vu paraître avec une contenance plus ferme et avec un maintien plus auguste que dans le temps de sa Passion ? Que je me plais de le voir devant le tribunal de Pilate, bravant, pour ainsi dire, la majesté des faisceaux [p. 8] romains par la générosité de son silence! Que Pilate rentre tant qu'il lui plaira au prétoire, pour interroger le Sauveur, il ne satisfera qu'à une seule de ses questions. Et quelle est cette question, mes frères? Admirez les secrets de Dieu. Le président romain lui demande s'il est véritable qu'il soit roi : et le Fils de Dieu aussitôt, ayant ouï parler de sa royauté, lui qui n'avait pas encore daigné satisfaire à aucune des questions qui lui étaient faites par ce juge trop complaisant, ni même l'honorer d'un seul mot : « Oui, certes, je suis roi, » lui dit-il d'un ton grave et majestueux : Tu dicis: quia rex stem ego{^) : parole qui jusques alors ne lui était pas encore sortie de la bouche.

Considérez, s'il vous plaît, son dessein. Ce qu'il n'ajamais avoué parmi les applaudissements des peuples qui étaient étonnés et du grand nombre de ses miracles, et de la sainteté

a. Lîic, XIX, 40. — b.Joan.^ xvin, yj-

de sa vie, et de sa doctrine céleste, il (') le publie hautement, lorsque le peuple demande sa mort par des acclamations furieuses. Il ne s'en est jamais découvert que par ficrures et par paraboles aux apôtres, qui recevaient ses discours comme paroles de vie éternelle : il le confesse nûment au juge corrompu qui, par une injuste sentence, le va attacher à.la croix. Il n'a jamais dit qu'il fût roi, quand il faisait des actions d'une puissance divine; et il lui plaît de le déclarer, quand il est prêt de succomber volontairement à la dernière des infirmités humaines. C'est, ce semble, faire les choses fort a contre-temps, et néanmoins c'est la Sagesse éternelle qui a disposé tous les temps. Mais, ô contre-temps admirable! ô secret de la Providence!

Je vous entends, ô mon roi Sauveur! C'est que vous mettez votre gloire à souffrir pour l'amour de vos peuples ; et vous ne voulez pas que l'on vous parle de royauté que dans le même moment auquel par une mort glorieuse vous allez délivrer vos misérables sujets d'une servitude éternelle. Bonté incroyable de notre roi! que le ciel et la terre chantent à jamais ses miséricordes! Et vous, ô fidèles de Jésus- Christ, bienheureux sujets de mon roi Sauveur, ô peuple de conquête que mon prince victorieux a acquis au prix de son sang, par quel amour et par quels respects pourrez-vous dignement reconnaître les libéralités infinies d'un roi si clément et si généreux?

Certes, je ne craindrai pas de le dire, ce ne sont ni les trônes, ni les palais, ni la pourpre, ni les richesses, ni les gardes qui environnent le prince, ni cette longue suite de grands seigneurs, ni la foule des courtisans qui s'empressent autour de sa personne; non, non, ce ne sont pas ces choses que j'admire le plus dans les rois. Mais quand je considère cette infinie multitude de peuples qui attend dr Khu* protection son salut et sa liberté; quand je vois (juc dans un lù.it. si la terre est bien cultivée, si les mers sont filtres, si le com-

I. AV//7. <( il coinnuMicc à le publier liaiiti-inont, ifi. > — Emprunts .\ un .nitre sermon ( Prus aiiteinrcx nostcr anli sivcula^ 1656), où ce passay[C i^tail repris. -- Il en est de même de tiuek|ues aulres phrases, ijik- nous coniKcrons, sans les si-rnaler toulcb en note.

merce est riche et fidèle, si chacun vit clans sa maison doucement et en assurance, c'est un effet des conseils et de la vigilance du prince ; quand je vois que, comme un soleil, sa munificence porte sa vertu jusques dans les provinces les plus [p. 9j reculées, que ses sujets lui doivent les uns leurs honneurs et leurs charges, les autres leur fortune ou leur vie,, tous la sûreté publique et la paix, de sorte qu'il n'y en a pas un seul qui ne doive le chérir comme son père : c'est ce qui me ravit, chrétiens, c'est en quoi la majesté des rois me semble du tout {') admirable, c'est en cela que je les reconnais pour les vivantes images de Dieu, qui se plaît de remplir le ciel et la terre des marques de sa bonté, ne laissant aucun endroit de ce monde vide de ses bienfaits et de ses largesses.

Eh ! dites-moi, je vous prie, dans quel siècle, dans quelles histoires, dans quelle bienheureuse contrée a-t-on jamais vu un monarque, je ne dis pas si puissant et si redoutable, mais si bon et si bienfaisant que le nôtre ? Le règne de notre prince, c'est notre bonheur et notre salut. « Ce qu'il daigne rép-ner sur nous, c'est clémence, c'est miséricorde ; ce ne lui est pas un accroissement de puissance, mais c'est un témoignage de sa bonté : » Dtgnatio est, non promotio ; viiserationis indiciuni, non potestatis augmentum, dit l'admirable saint Augustin (^). Regardez cette vaste étendue de l'univers; tout ce qu'il a de lumières célestes, toutes les saintes inspirations, toutes les vertus et les grâces, c'est le sang du prince Sauveur qui les a attirées sur la terre. Autant que nous sommes de chrétiens, ne publions-nous pas tous les jours que nous n'avons rien que par lui ?

Ce peuple merveilleux, que Dieu en sa bonté a répandu parmi tous les autres, peuple qui habite en ce monde et qui est étranger en ce monde, qui trafique en la terre afin d'amasser dans le ciel : fidèles, vous m'entendez, c'est du peuple des élus que je parle, de la nation des justes et des

a. Tract. Li injoan., n. 4.

I. Les édit. ont supprimé cet archaïsme, pour dire : «entièrement admirable.» Nous l'avons déjà rencontré dans les sermons précédents, d'où on avait oublié de l'éliminer.

gens de bien : que ne doivent-ils pas au Sauveur ? Tous les particuliers de ce peuple, depuis l'origine du monde jusques à la consommation des siècles (voyez quelle grande étendue) ne crient-ils pas jour et nuit et de toutes leurs forces à notre brave libérateur : C'est vous qui avez brisé nos fers ('), c'est vous qui avez ouvert nos prisons; votre mort nous a délivrés et de l'oppression et de la tyrannie; votre sang nous a rachetés de la damnation éternelle. Par vous nous vivons, par vous nous respirons, par vous nous espérons, par vous nous régnons. Car la munificence de notre prince passe à un tel excès de bonté, qu'il fait des monarques de tous ses sujets; il ne veut voir en sa cour que des têtes couronnées.

[P. 10] Ecoutez, écoutez le bel hymne des vingt-quatre vieillards de l'Apocalypse, qui représentent, à mon avis, toute l'universalité des fidèles de l'Ancien et du Nouveau Testament : douze pour les douze premiers patriarches et les pères de la synagogue, et douze pour les douze apôtres, princes et fondateurs de l'Église. Ils sont rois, ils sont couronnés, et chantent avec une joie incroyable les louano-es de l'Agneau sans tache, immolé pour l'amour de nous. O Agneau immolé! disent-ils, « vous nous avez rachetés en votre sang, vous nous avez faits rois et sacrificateurs à notre Dieu; et nous régnerons sur la terre ! » Et regnabimus \siiper terra7?i] ("). O Dieu éternel! Chrétiens, quelle est la merveille de cette cour } Toutes les grandeurs humaines oseraient-elles paraître devant une telle magnificence? Cet ancien admirateur de la vieille Rome (~) s'étonnait d'avoir vu dans cette ville maîtresse autant de rois, disait-il, que de sénateurs. Mes frères, notre Dieu tout-puissant nous appelle à un bien autre spectacle, dont nous ferons nous-mêmes partie. Dans cette cour vraiment royale, dans cette nation élue, dans cette cité triomphante que JiLsus a érigée par sa mort, je veux dire dans la sainte Église, je ne dis pas que nous y voyions autant de rois que de sénateurs, mais je dis (|ue nous y devons

a. A/)oc., V, 10.

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