SUR LES CARACTÈRES DES DEUX ALLIANCES
il nous est permis de nous enivrer; vin qui nous échauffe, mais d'une ardeur toute spirituelle; qui nous fait chanter, mais des cantiques d'amour divin; qui nous ôte la mémoire, mais du monde et de ses vanités; qui nous excite une grande joie, mais une joie que le monde ne comprend pas. Buvons de ce vin, mes très chères sœurs. Jour et nuit ne respirons que Jésus : vous particulièrement qu'il a retirées du siècle, o-oûtez Tésus dans la solitude; c'est là qu'il se communique aux âmes fidèles.
Et vous, chères sœurs, que, par sa miséricorde infinie, il a miraculeusement délivrées des ténèbres de l'hérésie, c'est à vous, c'est à vous que je parle. Et quelles paroles pourraient vous exprimer la tendresse que mon cœur a pour vous ! Rendez-lui à jamais vos actions de grâces. Voyez combien l'erreur est répandue par toute la ville. Dieu vous a triées deux ou trois, qu'il a appelées à sa sainte Église : donc ne soyez pas ingrates à cet inestimable bienfait. Persévérez dans cette bienheureuse vocation. Voyez la pureté, voyez l'innocence et la candeur de ces saintes filles, avec lesquelles vous conversez. O Dieu, quelle différence de cette véritable dévotion qu'elles vous enseignent en toute humilité et simplicité, avec le faste et l'orgueil, et la piété contrefaite de l'hérésie! Persévérez, mes très chères sœurs : n'écoutez ni les larmes ni les reproches de vos parents. Dieu vous fasse la grâce d'expérimenter combien sa sainte maison est plus douce que la maison paternelle! Voyez ces redoutables autels : les sacrements que nous y distribuons, ce ne sont pas des ombres ni des figures : nous ne sommes plus sous la loi judaïque; c'est la réalité, c'est la vérité, c'est la propre chair de Jésus autrefois pour nous déchirée; c'est son sang vivifiant épanché pour l'amour de nous. Jouissez des délices de cette chair de laquelle l'hérésie s'est privée, pour se repaître de la vanité d'une cène imaginaire, etc.
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Pour la FETE de la> PURIFICA-
A Metz, 1653.
Encore un simple entretien, négligé à dessein par l'auteur, quand il rédigea les sommaires des compositions oratoires de sa jeunesse. Aussi le manuscrit est-il resté sans pagination. Il n'avait du reste jamais été achevé. Bossuet avait tiré sa conclusion d'une ébauche antérieure, écrite pour la Confrérie de Navarre (1652). (Voy. cidessus, p. 10 1.) — L'œuvre de 1653, bien que familière et archaïque, et tenant plus du catéchisme que du sermon, a de réelles beautés, principalement vers la fin du i^f point. Elle s'adresse encore aux religieuses de la Propagation, « qui, poussées de l'esprit de Dieu, ont généreusement renoncé à tous les biens et même à toutes les espérances du monde. »
PoatqiKwi impieii sunt dics pîirgatio7its ejux securuUtm legevi Moyst\ tulerunt iîlum in Jérusalem^ ni sistcrenteum Domino^ sicut scriptum est in lege Do7nini;. ..et ut darcnt (') hostiatn sccundum quod dictuin est in le^e Dotnini, par tiniuruni aut duos pullos colnnibaru7)i. (Luc, II, 22-24.')
CE que nous appelons la Purification delà sainte Vierge enferme sous un nom commun trois cérémonies différentes de la loi ancienne, que le Fils de Dieu a voulu subir aujourd'hui, ou en sa personne, ou en celle de sa sainte Mcre, non sans quelque profond conseil de la Providence divine. Elles sont toutes trois très manifestement distinoruées dans notre évangile, comme vous l'aurez pu observer dans le texte que j'ai rapporté exprès tout entier. Or afin de vous dire en quoi consistaient ces cérémonies, il faut remarquer que selon la loi toutes les femmes accouchées étaient réputées im-