‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 4)Chapitre 181 sur 296 · ar. (pi'cn l)ei ordre · texte numérisé non relu

ar. (pi'cn l)ei ordre

sibles que les créatures inanimées, vous méprisez de suivre les lois que Dieu même vous a données depuis le commencement du monde par le ministère de ses saints prophètes, et enfin dans la plénitude des temps par la bouche de son cher Fils. C'est ainsi, ce me semble, que nous parle le prophète David.

O Dieu éternel! chrétiens, quand il faudra paraître devant ce tribunal redoutable, quelle sera notre confusion, lorsqu'on nous reprochera, devant les saints anges, que. Dieu nous ayant donné une âme d'une nature immortelle afin que nous employassions tous nos soins à régler ses actions et ses mouvements selon leur véritable modèle, nous avons fait si peu d'état de ce [p. 30] riche et incomparable présent, que, plutôt que de travailler en cette âme ornée de l'image de Dieu, nous avons appliqué notre esprit à des occupations toujours superflues et le plus souvent criminelles; de sorte qu'au grand mépris de la munificence divine, parmi tant de sortes d'affaires qui nous ont vainement travaillés, la chose du monde la plus précieuse a été la plus négligée ? O folie ! ô indignité ! ô juste et inévitable reproche ! Ah ! grand Dieu, je le veux prévenir. Assez et trop longtemps mon âme s'est égarée parmi tant d'objets étrangers, dans le jeu, dans les compagnies, dans l'avarice, dans la débauche. Je rentrerai en moi, du moins à ce carême qui nous touche de près. J'étudierai mes voies ; je chercherai la règle sur laquelle je me dois former ; et comme il ne peut y en avoir d'autre que vos saints et justes commandements, je tournerai mes pas du côté de vos témoignages : c'est ma dernière et irrévocable résolution, que vous confirmerez, s'il vous plaît, par votre grâce toute-puissante ; c'est elle qui me fera trouver le repos où je viens de rencontrer le bon ordre, et où je trouvais tout à l'heure la vérité et la certitude ; et pour vous en convaincre, fidèles, c'est par où (') je m'en vais finir ce discours.

TROISIÈME POINT

Je ne pense pas, chrétiens, après ces belles maximes que nous avons, ce me semble, si bien établies par les Écritures

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