I. Var. c'est par là que
divines, qu'il soit nécessaire de recommencer une longue suite de raisonnements pour vous faire voir que notre repos est dans l'observance exacte de la loi de Dieu. Contentonsnous d'appliquer ici, par une méthode facile et intelligible ('), la doctrine que, par la miséricorde de Dieu, nous vous avons aujourd'hui expliquée ; cette vérité paraîtra dans son évidence.
Chaque chose commence à goûter son repos, quand elle est dans sa bonne et [p. 31] naturelle constitution. Vous avez été tourmenté d'une longue et dangereuse maladie ; peu à peu vos forces se rétablissent, et les choses reviennent au juste tempérament ; cela vous promet un prochain repos. Et comment donc notre âme ne jouirait-elle pas d'une grande tranquillité, après que la loi de Dieu a guéri toutes ses maladies ? La loi de Dieu établit l'esprit dans une certitude infaillible ; si bien que, les doutes étant levés et les erreurs dissipées, non par l'évidence de la raison, mais par une autorité souveraine, plus inébranlable et plus ferme que nos plus solides raisonnements, il faut que l'entendement acquiesce. Et de même la volonté ayant trouvé sa règle immuable, qui coupe et qui retranche ce qu'il y a de trop en ses mouvements, ne doit-elle pas rencontrer une consistance tranquille, et une sainte et divine paix ? C'est pourquoi le Psalmistc disait : « Les justices de Dieu sont droites et réjouissent le cœur {''). » Elles réjouissent le cœur, parce qu'elles sont droites : parce qu'elles règlent ses affections, parce qu'elles le mettent dans la disposition qui lui est convenable et dans le véritable point où consiste sa perfection.
Quelle inquiétude dans les choses humaines ! On ne sait si on fait bien ou mal : on fait bien pour établir sa fortune, on fait mal pour conserver sa santé ; on fait bien pour son plaisir, mais on ne contente pas ses amis, et de même des autres choses. Dans la soumission à la loi de Dieu, on lait absolument bien, on fait bien sans limitation ; parce que, quand on fait ce bien, tout le reste est de peu d'importance ; en un mot, on fait bien [p. 32J, parce qu'on suit le souverain bien.
a, Ps.y XVHI, 9.