SUR LA GRAMMAIRE ET LE VOCABULAIRE. XXXI
DÉSERTER : rendre désert. {Ambition^ 1662, 2^ exorde.)
DÉSORDONNÉMENï : « Tout ce que nous aimons désordojinément dans la créature. » {Annondatio7t^ 1662, i'-'' p.) — « Ce qui \\i\ 3. ^Xu de'sordonnéme?it. » {Prodigue^ 1666, 2^ p.)
DÉTERMINÉMENT : « Il la lui applique déter7ninément. » ( Vendredi- Saiiit^iQido^ 3* p.) — Ces deux adverbes sont peu usités.
DÉTERMINER DE. {Loi de Dieti, reprise, 1659, II, 546.)
Devant, comme avant : « Devant la troisième génération. » {Nécessités de la vie, 1660, 3'^ p. ; Ambition, 1662, 2*^ p.) Cf. I, 104 ; II, 334, 559, etc. — « Il n'y a que sa sagesse profonde qui connaisse le terme préfix qui a été ordonné devant tous les temps au malheureux progrès de l'erreur et aux souffrances de son Église.» {Visitation, 1660, 3^ p.j Les éditeurs corrigent : « avant tous les temps ; » mais Bossuet employait indifféremment ces deux prépositions : « Vous m'aimiez «7/<«?// la création du monde. » {Félicité des S S., 1648,) etc.
Devant que, comme avant que : « Couronnons-nous de roses, devant ^«'elles soient flétries. » {Pénitence, 1661, 3*^ p.) — Devant que de : « Devant que de prononcer le jugement. » {Pénitence, canevas, 1658.) Cf. I, 307. — Avec ellipse: <( Elles dépendent de Dieu, devant que du temps. » {Brièveté de la vie^ 1648), c.-à-d. devant que de dépendre du temps. — Bossuet employait aussi avant que, non seulement avec le subjonctif, mais même avec l'infinitif : « On doit craindre la mort avant qtie le péché soit expié. » {Purijîcation, 1662, i^"" p.) — «II a fait, dit l'Écriture, avant que parler. » {Souffrances, 1661, i^"" p.) — « 11 veut se rassasier, avant que mourir, par le plaisir d'endurer. » (Ibid.) Dextre : droite, archaïsme {Félicité des SS., 1648, I, 22). Dextrement : avec dextérité .• « Ils... le prennent si dextrement \i2ix son faible qu'ils le font demeurer d'accord de tout ce qu'ils disent. > {Honneur, 1660, 2^ p.) Cf. Conceptioti, 1652, I, 248.
Die (au subjonctif) (I, 105, 278, 338...) Tous ces exemples sont de 1652, ou du début de 1653. Plus tard, un autre se rencontre, mais tellement isolé, qu'il a tout l'air d'un lapsus : « Sans qu'il soit nécessaire que je le vous die. » {Annonciatio7i, 1660, i^"" p.) Discipline: direction donnée à un à\sc\T^\e. {S. Berftard,\6^2i-) I» 4i4)- Disputer, actif, par exception : « Ne disputes pa.sune vérité si constante. » {C?iarité fraternelle, 1660, i'^'' p.)
Distraction, au sens étymologique : séparation : « Une distraction violente de ses parties. » {Ajnbitio7î, 1661 et 1662, i^"^ p.)
Domestique, latinisme : « Vous, mes enfants et mes do77iestiques. » {Sur VFlglise, 1660, 3^ p.) C.-à-d. qui êtes de ma maison (do77ius.)
Dominer a, sur : « Qui do7ni7te à la puissance de la mer. "^{Devoirs des rois, 1662, i'^' p.) Cf. Loi de Dieu, 1653, I, 329 et la var. — Activement : « Puisque la mort, qui égale tout, les domine de tous côtés avec tant d'empire. » {He7iriette d'A7igl., 1670.)
Donc, et donc. Donc est plus fréquent, surtout au commencement des phrases. Si et do7ic s'y rencontre, c'est pour marquer que cette phrase est la conclusion rigoureuse de celle qui la précède : « Ne voyez-vous pas que si une partie de nous-mêmes tient à la nature sensible, celle qui connaît et aime Dieu, qui en cela est semblable à lui, puisque lui-même se connaît et s'aime, dépend nécessairement de plus hauts principes .? Et do7ic, que les éléments nous redemandent tout ce qu'ils nous prêtent, pourvu que Dieu puisse nous redemander cette àme qu'il a faite à sa ressemblance ! y> {Toussaint, 1669, 3*= p.) Cf. II, 69, 152.
Bossuet disait de même : « F:t c'est pourquoi. » {Tri7iité, 1655.) « Et c'est-àdire. » {A7iibitio7i, 1666 \ Justice, 1666.)