Var. le supplice
4. Var. s'écrie que la liberté publique est anéantie et que la majesté de l'Empire est violée.
être exempt de cet horrible supplice. Il ne fallait pas seulement que ceux que l'on attachait à la croix fussent les plus détestables de tous les mortels, mais encore les derniers et les plus abjects. Ainsi ('), ce que les Romains trouvaient insupportable pour leurs citoyens, les Juifs parricides l'ont fait souffrir à leur Roi.
Mais ce qui surpasse tous les malheurs, c'est que, selon la remarque du saint Apôtre, « le crucifié est maudit de Dieu ('"), » comme il est écrit au Deutéronome : « Maudit de Dieu le pendu au bois (''')! » Et qu'y a-t-il donc de plus honteux que la croix, puisque nous y voyons jointes ensemble l'exécration des hommes, et la malédiction du Dieu toutpuissant ? Après cela, dites-moi, je vous prie, quelle est notre audace de ne rougir pas d'adorer un Maître pendu? et où est le front de l'Apôtre, qui ayant dit aux Corinthiens « qu'il ne souffrira pas que sa gloire lui soit ravie ('), » ne craint pas de dire aux Galates : « A Dieu ne plaise que je me glorifie en autre [p. 3] chose qu'en la croix de Jésus ! » Quel honneur, quelle gloire à un homme qui témoigne en être jaloux? Ah! pénétrons sa pensée, chrétiens, et apprenons à nous glorifier avec lui dans les opprobres de notre Sauveur. Pour cela, suivez, s'il vous plaît, ce raisonnement.
La gloire du chrétien ne peut être que la gloire de Dieu; d'autant que le chrétien ne trouve rien digne ( ') de son ambition et de son courage, que les choses divines et immortelles. Or, la gloire de Dieu consiste en deux choses : première^ ment en sa puissance absolue, et après en sa miséricorde infinie. Car, pour avoir de la gloire, il faut être grand, et il faut faire éclater sa grandeur. Si l'éclat n'est appuyé sur une grandeur solide, il est faible, et n'a qu'un faux jour; et si la grandeur est cachée, elle ne brille pas de cette belle et pure lumière, sans laquelle la gloire ne peut subsister. Je dis donc que la gloire de Dieu est en sa puissance et en sa bonté. Par la première, il est majestueux en lui-même; par l'autre. il est magnifique envers nous. Par la puissance, il cnlcrme
a. Gai., in, 13. — b. Dcut., XXI, 23. — c. I Cor., IX, 15.