‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 4)Chapitre 237 sur 296 · Juiif. de la rébellion · texte numérisé non relu

Juiif. de la rébellion

2. Var. de cette sorte l'orgueil arme contre Dici: toutes les cr<5atures.

3. JCdii. de dieux que ceux... — Cette correction fait contresens.

nait par tout l'univers, faisaient la guerre à leur Créateur avec une rage impuissante.

« Élevez-vous, Seigneur ; que vos ennemis disparaissent, et que ceux qui vous haïssent soient renversés devant votre face ("). » Mais, ô Dieu, de quelles armes vous servez-vous pour défaire ces escadrons furieux ? Je ne vois ni vos foudres, ni vos éclairs, ni cette majesté redoutable devant laquelle les plus hautes montagnes s'écoulent comme de la cire : je vois seulement une chair meurtrie et du sang épanché avec violence, et une mort infâme et cruelle, une croix et une couronne d'épines : c'est tout votre appareil de guerre : c'est tout ce que vous opposez à vos ennemis. Justement, certes, justement ; et en voici la raison solide ('), que je vous prie, chrétiens, de considérer.

C'est honorer l'orgueil que d'aller contre lui par la force ; il faut que l'infirmité même le dompte. Ce n'est pas assez qu'il succombe, s'il n'est contraint de reconnaître son impuissance : il faut le renverser par ce qu'il dédaigne le plus. Tu t'es élevé, ô Satan, tu t'es élevé contre Dieu de toute ta force : Dieu descendra contre toi armé seulement de faiblesse, afin de [p. 12.] montrer combien il se rit de tes téméraires projets. Tu as voulu être le Dieu de l'homme ; un homme sera ton Dieu. Tu as amené la mort sur la terre ; la mort ruinera tes desseins. Tu as établi ton empire en attachant les hommes à de faux honneurs, à des richesses mal assurées, à des plaisirs pleins d'illusion ; les opprobres, la pauvreté, l'extrême misère, la croix en un mot détruira ton empire de fond en comble. O puissance de la croix de Jésus !

Les vérités de Dieu étaient bannies de la terre; tout était obscurci par les ténèbres de l'idolâtrie. Chose étrange, mais très véritable! les peuples les plus polis avaient les religions les plus ridicules ; ils se vantaient de n'ignorer rien, et ils étaient si misérables que d'ignorer Dieu. Ils réussissaient en toutes choses jusqu'au miracle : sur le fait de la religion, qui est le capital de la vie humaine, ils étaient entièrement insensés.

a. Fs., LXVII, I.

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