Var. afin qu'il tlaignc nous réparer de sa main
Dieu. Cet étourdissement les animait à la résistance. Plus les vérités étaient hautes, plus leur raison orgueilleuse était étourdie, et plus leur résistance était enflammée. C'est pourquoi je ne m'étonne pas si le Fils [p. 24J de Dieu leur prêchant ce qu'il avait vu dans le sein du Père, la résistance montant à l'extrême, se porta à la dernière fureur. De là vient (') qu'il leur dit en son Évangile : « Vous me voulez tuer méchamment, parce que mon discours ne prend point en vous ("). » Superbes, ignorants, que ne recourez-vous (') à la grâce ? Et vous, ne reconnaissez-vous pas, chrétiens, que sans l'assistance de cette grâce vous n'auriez que de la résistance pour votre Sauveur ? Ces perfides ont oui ses paroles, et ils les ont méprisées : ils ont vu ses miracles, et ils n'ont pas cru : ils ont vu sa vie, et elle leur a été un scandale. Donc il est vrai, mon Sauveur Jésus, que si vous ne me parlez puissamment au cœur, si vous ne m'entraînez à vous par vos doux attraits, [ni] votre vie quoique très innocente, ni votre doctrine quoique très sainte, ni vos miracles quoique très grands, ne dompteront pas mon opiniâtre rébellion. Les uns disent que vous êtes un grand prophète, les autres que vous êtes un séducteur ; les uns s'édifient en vous, les autres se scandalisent de vous. D'où vient cela, ô mon Maître, sinon que les uns sont humbles, et que les autres sont orgueilleux; que les uns suivent la nature, et les autres suivent la grâce ? Ainsi vos vérités aveuglent les uns, pour illuminer d'autant plus les autres. Vous êtes une pierre de scandale aux superbes, afin que les humbles ressentent mieux ce que vous faites miséricordieusement en leurs cœurs, et qu'ils louent vos bontés avec une admiration profonde de vos jugements. C'est ici que les bons chrétiens sont incroyablement consolés. Si les vérités évangéliques entraient en nos âmes avec une apparence plausible, nous attribuerions leur victoire à la
a. /oan., VI ir, ;^y.
1. Var. (Première rédactio7i) :Y.\.?in\. orgueilleux et charnels, ils n'entendaient point son langage. Ils voulaient l'entendre par eux-mêmes, et ils ne pouvaient. Comme ils ne l'entendaient pas, ils en étaient nécessairement étourdis : cet étourdissement les enflammait à la résistance : la résistance s'augmentant toujours en vint à la dernière fureur. C'est pourquoi le Sauveur leur dit : « Méchants, vous voulez me tuer, parce que...