D UNE NOUVELLE CATHOLIQUE
ployons celles de saint Cyprien, ce grand défenseur de l'unité ecclésiastique. Voici comme parle ce grand personnage à quelques prêtres de l'Eglise romaine, qui s'étaient retirés de la société des fidèles, sous le prétexte de maintenir la pure doctrine de l'Évangile contre les ordonnances des pasteurs de l'Eglise : « Ne pensez pas, mes frères, que vous défendiez l'Évangile de Jésus-Ciirlst, en vous séparant de son troupeau, et de sa paix, et de sa concorde ; étant certes plus convenable à de bons soldats du Sauveur de ne point sortir du camp de leur capitaine, afin que, demeurant dedans avec nous, ils puissent pourvoir avec nous aux choses qui sont utiles à l'Église. Car, puisque notre concorde ne doit point être rompue, et que nous ne pouvons pas quitter l'hLglise pour aller à vous, ce que nous ferions volontiers si la vérité le pouvait permettre, nous vous prions, et nous vous demandons avec toute l'ardeur possible, que vous retourniez plutôt à notre fraternité et à l'Église de laquelle vous êtes sortis : » Nec piitetis sic vos Evangeliitm Christ l assererc, duni vosnictipsos a Christi grege, et ab ejiis pace et concordia séparât i s ; cum inagis militibiis gloriosis et bonis congruat intra doniestica castra consistere, et intiis positos ea qitœ in commune tractanda sunt agere ac providere. Nam citni unanimitas et concordia nostra scindi omnino non debeat ; quia nos Ecclesia derelicta foras exire et ad vos venire non poss7cmus, ut vos mjgis ad Ecclesiam matrem et ad nostram fraternitatem revertamini, quibus possumus Jiortauicntis petimus et rogamus (")...
a. Ad Conf. Rom.^ Epis t. XLIV.
^wwwwwwwwwwwwwww
C'est pour la première fois que ce discours, qui est complet, entre dans la collection des Sermons de Bossuct. Il était resté inédit jusqu'à l'an dernier, où nous l'avons publié en appendice dans la première édition de notre Histoire critique de la Prédication de Bossuct. Ce n'est pas que les anciens éditeurs l'aient ignoré complètement : ils en ont dispersé çà et là quelques fragments. Ils n'ont pas vu que ces morceaux épars faisaient partie d'un même tout. Ils ont donné le second exorde comme variante du sermon de 1660 (Carême des Minimes), qui est sur le même plan. Ils ont laissé le troisième point inédit. Quant aux deux autres, ils les ont relégués après les Serinons, en tête des Pensées chrétiennes et morales. M. Lâchât les donne à son tour à cette place (X, 481), et, dans une notice de sa façon, acceptée comme un oracle dans les éditions subséquentes, il déclare que le discours a été « prononcé dans un monastère après l'élévation de Bossuet sur le siège épiscopal de Meaux ! » On ne comprendra pas dans quelques années que des décisions semblables aient pu faire autorité. Les signes de la première jeunesse ne manquaient pourtant pas, même dans le fragment isolé : naïveté qui se complaît dans les preuves alléguées, redites voulues, rudesse dans l'exhortation.
Co7tsepulti etiim sumiis cum illo per baptismum in inortem^ ut quomodo Christus surrexit a mortuis per gloriain Patris. ita et nos in jtovitate vîtes ambulemus.
(Rom., VI, 4.)
QUAND je vois(') ces riches tombeaux sous lesquels les grands de la terre semblent vouloir cacher la honte de leur corruption, je ne puis assez metonner de l'extrême folie des hommes, qui érige (3) de si magnifiques trophées à un peu de cendre et à quelques vieux ossements. C'est en vain que l'on enrichit leurs cercueils de marbre et de bronze, c'est en vain que Ion déguise leur nom véritable
1. Mss. 12824, f. 5 ; 39 ; 35-38- in-folio. Le reste de l'autographe est perdu. Ce qui subsiste suffit à justifier notre date.
2. Avant-propos placé par Deforis en tête du sermon pour le Samedi-Saint (1652). (Cf. p. 103, n. 3.)