Var. ne laisse pas d'être très assurée
2. C'est le sujet du premier point. On rencontre ici une fois de plus la preuve que tous ces lambeaux que nous rassemblons pour la première fois appartiennent à la même œuvre. D'ailleurs ne venons-nous pas de rencontrer une première rédaction autographe de la fin du second point?
possession de son temple ? Et s'il est vrai que nos corps soient ses temples, il est donc en possession de nos corps. Certainement il faut bien qu'il en soit le maître, puisqu'il les emploie comme l'instrument par lequel l'âme met en pratique les saintes volontés qu'il inspire. Qu'est-ce qui donne l'aumône, si ce n'est la main ? Qu'est-ce qui confesse Jésus- Christ, si ce n'est la bouche ? Qu'est-ce qui pleure les péchés, si ce n'est les yeux? Qu'est-ce qui brûle du zèle de Dieu, si ce n'est le cœur ? Tous nos membres en un mot, dit saint Paul, sont des hosties vivantes de Dieu. Et partant n'est-il pas clair que l'Esprit de Dieu se met en possession de nos corps, puisqu'ils sont les instruments de ses grâces, les temples où repose sa majesté, les hosties consacrées à sa souveraine grandeur ?
Qu'inférerons-nous de cette doctrine ? La conséquence en est bien évidente. Dieu habitant en nos âmes a pris possession de nos corps : par conséquent, ô mort, tu ne les lui saurais enlever. Tu penses qu'ils sont ta proie, ce n'est qu'un dépôt que l'on consigne en tes mains : tôt ou tard Dieu rentrera en son bien. Notre Sauveur dit dans son Évangile : « Personne ne peut rien ôter des mains de mon Père ; » Nemopotest rapere de manu Pair is["). Et en effet quelle vertu assez grande pourrait faire lâcher la prise au Dieu tout-puissant } Or sa main et « son doigt », c'est le Saint-Esprit. Va si cet Esprit (') commence ici-bas de se mettre en p[ossession]de nos corps, donc, ô profonds abîmes, et vous, flammes dévorantes, et toi, terre, mère tout ensemble et sépulcre commun de tous les mortels, vous rendrez, vous rendrez ces corps que vous avez engloutis, et plutôt l'univers sera renversé « qu'un seul de nos cheveux périsse ('). » L'Esprit qui a animé Jésus-Christ, qui a ressuscité Jésus-Chkist des morts, c'est le niéme qui nous anime, c'est le même, (jui habite et qui vit en nous ; donc il exercera en nous les mêmes opérations, donc par divers progrès, il nous rendra semblables à Jésus-Christ.
Car remarquez cette belle théologie, comme Ir Mis de
a. Joan.^ X, 29. — b. Luc.^ XX l, 18.