‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 4)Chapitre 273 sur 296 · Phrase omise par les éditeurs · texte numérisé non relu

Phrase omise par les éditeurs

un jour un pontife plus excellent, qui, par un meilleur sang, t'ouvrira un sanctuaire bien plus auguste.

Admirez en effet, mes très chères sœurs, comme tant de choses apparemment (') si enveloppées, et qui semblent si contraires en elles-mêmes, cadrent et s'ajustent si proprement au 'Sauveur Jksus. Le pontife offre son sacrifice hors du sanctuaire, au milieu de l'assemblée de son peuple ; le sacrifice de la mort de Jésus se fait sur la terre au milieu des hommes. Le pontife entre au dedans du voile, c'est-à-dire, dans le Saint des saints ; Jésus, après son sanglant sacrifice, pénètre au vrai Saint des saints, c'est-à-dire au ciel. Le pontife n'offre qu'une fois l'année ce sacrifice qui découvre le sanctuaire ; Jésus-Christ n'a offert qu'une fois ce sacrifice d'une vertu infinie, par lequel les cieux sont ouverts : car, fidèles, qui ne sait que l'année, dans sa perfection accomplie, représente en abrégé l'étendue des siècles, puisqu'il est si évident que les siècles ne sont que des années révolues ? Le pontife ayant immolé sa victime sur l'autel du premier tabernacle porte son sang devant la face de Dieu dans son sanctuaire, afin de l'apaiser sur son peuple ; Jésus, ayant immolé sur la terre, n'accomplit-il pas ce mystère, montant aujourd'hui dans les cieux } Voyez comme il s'approche du trône du Père, lui montrant ses blessures, toutes récentes, toutes teintes et toutes vermeilles de ce divin sang, de ce sang de la nouvelle alliance, versé pour la rémission de nos crimes : n'est-ce pas là, mes frères, porter vraiment devant la face de Dieu le sang de la victime innocente qui a été immolée pour notre salut ? Ouvrez-vous donc, voile mystérieux ; ouvrez-vous, sanctuaire éternel de la Trinité adorable : laissez entrer Jésus-Christ mon pontife au plus intime secret du Père. Car si le sang des veaux et des boucs rendait accessible le Saint des saints, bien qu'une loi si rigoureuse en fermât la porte ; le sang de l'Homme-Dieu, Jésus-Christ, n'ouvrira-t-il pas le vrai sanctuaire 1 Et si le pontife du Vieux Testament avait de si beaux privilèges, bien (ju'il ne s'approchât de ce très saint lieu que « par un sang ciran-

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