‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 4)Chapitre 276 sur 296 · Edit. dans · texte numérisé non relu

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2. Var. Nous y monterons. — Modifié par suite de l'éloquente insertion : « Eh ! sommes-nous encore excommuniés..? », introduite après coup entre les lignes.

bres ; « nous sommes sa plénitude, » comme dit saint Paul ('"): quand nous entrons au ciel, c'est Ji-:sus-Ciirist qui entre, parce que ce sont ses membres qui entrent. « Celui qui vaincra, dit Jésus-Christ lui-même (^'), je le ferai asseoir dans mon trône. » Voyez que nous serons dans son trône ; nous n'occuperons avec lui qu'une même place : nous serons au ciel comme confondus avec Jésus-Christ ; et par un merveilleux effet de la grâce, notre disette est la cause de notre abondance : parce qu'il nous est sans comparaison plus avantageux d'être considérés en Jésus-Christ seul, que si nous l'étions en nous-mêmes. Par conséquent, mes sœurs, aujourd'hui que Jésus-Christ approche du Père, croyons que nous approchons en lui et par lui. C'est pour nous qu'il ouvre le sanctuaire : c'est pour nous qu'il paraît devant Dieu. Les pontifes de la loi ancienne étaient des hommes mortels : la charge auguste du sacerdoce ne se conservait dans la famille d'Aaron que par la succession du vivant au mort. «Jésus vivant éternellement, dit l'Apôtre {'), a un sacerdoce éternel. » C'est pourquoi, dit le même saint Paul, « il peut toujours sauver ceux qui s'approchent de Dieu par lui; il est toujours vivant pour intercéder, » semper vivais ad intcrpcUanduni pro nobis{^^)\ c'est notre seconde partie.

SECOND rOINT.

J'apprends de l'apôtre saint Paul (aux Hébreux, chapitre v), que « tout pontife doit être tiré (') d'entre les hommes; et qu'il est établi pour les hommes, en ce qui doit être traité avec Dieu : » d'où il résulte que le pontife est l'ambassadeur du peuple vers Dieu. Puis donc que Notre- Seigneur Jésus est notre pontife, il s'ensuit qu'il est notre ambassadeur. Admirons ici le bonheur des hommes, en ce que notre prince même daigne bien être notre ambassadeur. Or il est sans doute qu'étant notre ambassadeur auprès de son Père, il fallait qu'il résidât près de sa personne; et cn-

a. Kphes., I, 23. — b. Apoc, ni, 21. — c. Htbr., vn, 24. — d. H(h., vn, 25.

I. Lâchât a lu ici : << trie d'entre les hommes. >> Celle interprétation, sans ôtre absurde, doit, croyons-nous, être écartée. T/rr csi une Ici^on fort légitime, correspondant au texte de saint Paul : c.v hoininihus assumpius.

suite qu'il y négociât nos affaires, qu'il lui portât toutes les paroles de notre part, qu'il nous conciliât la bienveillance de ce grand Dieu, et qu'il maintînt la bienheureuse alliance qu'il lui a plu de faire avec nous : telle est la fonction d'un ambassadeur. C'est pour cela que notre pontife ne cesse de sc^lliciter son Père pour nous : il est toujours vivant pour intercéder : et de là vient que l'Écriture lui donne cette excellente qualité de Médiateur, de laquelle il est nécessaire que je tâche de vous faire comprendre la force.

Et premièrement il est manifeste que Jésus-Christ prie, et que nous prions; que Jésus-Christ s'entremet pour nous, et que nous nous entremettons les uns pour les autres à cause de la charité fraternelle. Et d'autant que les saints sont nos frères, cette charité sincère et indivisible qui les lie de communion avec nous, les oblige de prier et d'intercéder pour cette partie des fidèles qui combat en terre. Cette vérité n'est point contestée : nos adversaires mêmes ne désavouent point que les bienheureux ne prient Dieu pour nous. Cette doctrine donc étant si constante, qu'a de particulier le Seigneur Jésus pour lui donner singulièrement et par excellence cette belle qualité de Médiateur.'^ Le mettrons-nous avec le reste du peuple dans le nombre des suppliants.'^ Chrétiens, entendons ce mystère. C'est autre chose de s'entremettre par charité; autre chose d'être le Médiateur établi pour faire valoir les prières, et donner du poids à l'entremise des autres. Apportons un exemple familier. C'est autre chose de s'entremettre près d'un monarque, et d'y rendre aux personnes que nous chérissons les offices d'un bon ami; autre chose d'être établi parle prince même pour lui rapporter toutes les requêtes, pour distribuer toutes les grâces, pour présenter tous ceux qui viennent demander(') audience. Jésus est le Médiateur général; nul n'est agréé s'il n'est présenté de sa main: si la prière n'est faite en son nom, elle ne sera pas seulement ouïe (^) ; nul bienfait n'est accordé que par lui. Et que pourrais-je vous dire de ce saint pontife, par qui toutes les prières sont exaucées, par qui toutes les grâces sont entérinées, par qui toutes

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