XLIV REMARQUES
éditeurs modernes : 4 O vous (|ui naviguez. î> «Celui (|ui navigue sur les mers : » et non m/7'/;''<-r, ntii'ii^'t'. Nous avons cru cin'il suffirait d'en avertir ici.
N.WIKK. Au ftfminin, deux fois, par exception {Marfha, 1655, y\i. ; Providence^ 1656, 3' p.) C'est un latinisme temporaire. Avant et après cette époque, ce mot est du masculin {Loi dt- Dieu^ '653, 2'" p. var.; Erat nnvis^ 1660, exorde, etc.) Nt:.\N.MOiNs (Si kst-ck). Voy. Si.
NÉG.VïlVKS. — I" Suppression de ne. Bossuet interroge quelquefois comme ses contemporains, avec pas ou point sans ni\ dans la première époque (1648- 1659). Mais l'emploi de //r, quoique facultatif, est beaucoup plus fréquent que la suppression. < Ne /'ai-je pas reconnu quantité de fois.? » {Brièveté de la vie^ 1648.) — <i L'inquiétude ;/'a-t elle pas toujours divisé deux contentements ? Ne s'est-elle pas toujours jetée à la traverse...?» (Ibid.) — « A^'ai-je pas bien réussi dans mes desseins.? > {Félicite des SS.., méditation, 1648.) — <L Ne s'est-il pas lié....'' * (Ibid. ) — « N''ç.'s,\.-ctpas lui qui les a assemblés... ? » (Ibid.) etc. — Voici d'ailleurs le relevé de ces constructions différentes, pendant toute l'époque de Navarre et de Metz. — Avant l'ordination sacerdotale de Bossuet (1648-1652), yV (le premier chiffre indique la suppression.; — En 1652, ^q. — En 1653, ^L. — En 1654, T.V. — En 1655, ^^. En 1656, ^V — En 1657, t,**-. — En (658, ^•\. — Peut-être y a-t-il une nuance délicate qui distingue ces deux façons d'interroger. Avec ne supprimé, c'est une forme adoucie : notre auteur l'emploie pour adresser à son auditoire une prière, une exhortation ou un tendre reproche ; en un mot, pour descendre à dessein au ton familier : « Souffrirez-vous pas bien, messieurs,... que nous nous entretenions .?... » {Toussaint.^ 1649, exorde.) — \ Peut-être que ce Pasteur miséricordieux te presse intérieurement en ta conscience : Veux-tu pas restituer ce bien mal acquis.? veux-tu pas ç^n^n mettre quelques bornes à cette vie débauchée et licencieuse .? veux-tu pas bannir de ton cœur l'envie qui le ronge .?...» {III' diin. après la Pentecôte, 1655, i" p.) Dans la même page (II, 78), on trouve des exemples de ne exprimé, lorsque l'orateur, au lieu de l'insinuation, a recours à l'énergie et à la véhémence. Cf. II, 163, 171, 490, 506. — Le tour est ironique dans ce passage : « Veulent-ils point se prendre à Dieu même.?... » {Ascension, 1654.) Ne exprimé eût changé le sens ; il l'est d'ailleurs, avec l'acception ordinaire, dans la même page. (I, 537.) — Enfin, il y a des cas où les deux constructions paraissent indifférentes : « Est-il pas très juste que le pécheur souffre, et que le crime ne demeure pas impuni? Et la justice 7i\\st-ce pas un grand bien .? » [Cœci vident, 1653. )La seconde interrogation a-t-elle plus d'énergie, la première plus d'insinuation ? Oui le pourrait dire .?
Des exemples isolés se retrouvent dans la grande époque : « Tous les jours sont-ils pas à Dieu.? » {Ardeur de la Péniteiice, 1662, i^"" p.) — <i Est-ce pas s'accoutumer insensiblement à un grand mépris de son âme, que d'avoir tant d'attache à parer son corps? » {Intégrité de la Pénitence, 1662, 3^ p.) Ces suppressions sont-elles voulues.? sont-elles accidentelles ? Ici la première rédaction portait : « N est-ce pas trop ouvertement mépriser son âme que... .? » Peut-être que l'orateur a ménagé une nuance analogue à celle que produit une inflexion de la voix. C'était aux dames de la cour qu'il s'adressait.
Ne,^ explétif après les comparatifs et autre, est régulièrement omis, quand le premier membre de la phrase contient une négation : « Le péché n'est pas moins horrible qu'il était alors. » {Pénitence, 1658, canevas.)— La crainte d'être blâmé n étouffe guère moins de bons sentiments qic'elle en réprime de mauvais.» {Honneur, 1666, 2<= exorde.) — « La reine... ne l'aimait pas plus tendrement que faisait \T\nQ d'Espagne. » {Heiiriette d'Angl, 1670.)— Cf. I, 313, et II, ^5) 547 ; 461, etc. — Et sans négation précédente: « Plutôt tout le monde sera renversé qu'il soit confondu. » {Loi de Dieu, 1653, 3^ p.) — « Quel ordre, quelle