XLVIII REMARQUES
nos mœurs où nous ne nous mettons point en peine de suivre ni de consulter la raison. » {/.<u\ù' Dieu, 1653, i"p.) - Les deux constructions étaient permises
« Ccst\?// paraît le triomphe de la toute-puissance divine.» {Zizanies, 1652, jcr p;) « Où notre di5sordre paraît plus visible, c'est que...» {Loi de Dieu, 1653,
^cp)' —"Ailleurs, au commencement d'une phrase, 0}\ sert de liaison et de transition (latinisme) : « Où il ne faut pas s'imaginer que Dieu ressemble aux ouvriers mortels, lesquels... » {Providence, 1662, 2*^ p.)
Oin-RK. 15ossuet (X\i pnssc-r outre, et passer plus oîitre. Celui-ci, plus fréquent dans sa jeunesse, pour signifier: passer encore plus loin. Ces dernières expressions se rencontrent aussi. {Dcpositum custodi, 1656, i" p.)
OuvRAi'.K. Masculin: « Ce grand ouvrage. » {Circoncision, 1687;) etc. On trouve une fois: <i; C'est une autre ouvrage. » (Novissima iniinica, 1669, i^-" p.) Mais on peut supposer une inadvertance, bien que le féminin ait existé autrefois.
Ouvrier. On sait que ce mot avait un sens très noble au XYii^^ siècle. Bossuet le dit de Dieu môme : « Cet excellent Ouvrier, qui, dans l'origine des choses, nous avait faits à sa ressemblance.» {S. François de Paule, 1655,2'= exorde!) — Et adjectivement : « ... Cet esprit ouvrier qui a fait le monde. » {Mort, 1662, 2*^ p.)
PÂQUE, PÂQUES. Notre auteur n'a qu'un mot pour signifier la fête de Pâques chrétienne, et la Pâque des Juifs. De là vient qu'il dit: « Et cela dans le temps de Pâques (Pasque), la principale de leurs solennités. » {Bonté et ri^. de Dieu,
1652, 2^ p ) Nous écririons plutôt : « Dans le temps de la Pâque. » Pardonner. Neutre et actif, à ce qu'il semble, dans une même phrase : « Si
l'innocent pardonne aux pécheurs, combien plus les pécheurs se doivent-ils pardonner les uns les autres ? » {Médisance, 1658, fin.)
Parler, quelquefois actif : « Ce qtûW me donne l'autorité de parler, je le dirai aux autres. » {Vaines excuses, 1660, 3*^ p.) Cet exemple pourrait faire doute, en raison de ce que nous avons dit de ceqiie. Mais il y en a d'autres : « Ne parlons que JÉSUS. » {Purification, 1652 et 1653, péror.) — « Il ne me sera pas malaisé d'accommoder le sujet que vous me donnez de parler avec celui de la fête que nous célébrons aujourd'hui. » {Profession, Epiphanie, 1660, i^"" exorde.)
Parmi, avec un singulier (collectif) : « Parmi cet excès de peines. J^ {Vendredi- Saint, 1662, i'^'' p.)
Paroi, genre douteux : « La paroi mitoyenne entre les cœurs. » {Charité fraternelle, 1666, i^' p.) — « Le paroi mitoyen étant renversé. » {Pe7îtecôte,\6'j2,2'' p.)
Partager quelquhcn (I, 413, 5. Bernard, 1653, 2^ p.). — Nous disons encore : « Bien ou mal partagé. »
Partant; Et partant. Bossuet dit l'un et l'autre dans la première époque, 1648-1659. Plus tard l'Académie n'admettra que le second.
Partialités : divisions, partis : « Elle éteindra dans tous ses états les nouvelles partialités. » {Devoirs des rois, 1662, 2® p.) Il s'agit du jansénisme, — « Opposé... aux brigues et ciny. partialités qui corrompent l'intégrité de la justice. » {Le Tellier, 1686, \^^ partie.)
Participes, i^ \^es participes prése?its ]\is(\M^en 1656 ne sont point invariables chez Bossuet : ils ont deux désinences, l'une pour le singulier : ant^ masculin et féminin (') ; l'autre pour le pluriel : ants (aiis), également des deux genres :
I. On trouve : « Elle n'a point de passion dominante par dessus les autres. » {S. Bernard,
1653, i*^"^ p.) Mais c'est un adjectif verbal confondu avec le participe. La distinction n'était pas aussi nette qu'à présent. On lit de même : « Page suivante celle-ci. » {S sept. 1652.)