SUR LA GRAMMAIRE ET LE VOCABULAIRE. XLIX
« Étant appelés (estans appelles) de lui au dernier accomplissement de ses ouvrages. » {Félicité des SS., 1648.) — « Etant étonnés (estans étonnez) dans le fond de vos consciences. » {Bonté et rig. de Dieu, 1652, 2^ p.) — « Qui vivaient attendant (atandans) la rédemption d'Israël. » {8 sept. 1652, i^'' exorde.) — € Les astrologues, mêlant (meslans) dans leurs spéculations la curiosité et la flatterie.» {Ibid., 1652, 2^ exorde ; item, 1656.) — « Ceux-là supportant ( supportans) la persécution de ceux-ci. » {Zizanies, 1652, i^"^ p.) — « Vivant (uiiians) dans la chair, nous ne vivons pas selon la chair. » ( Ibid.) — « Étant (estans) devenus charnels et grossiers... » {Les deux Alliances, 1653, exorde.) — « Nous venons... louant et célébrant ( loûans et ce lebrans) la munificence divine. » {Réconciliatio7i, 1653, i^"" p.) — « Nos anciens Pères, voyant (uoians)... » (Scapulaire, 1653, i^"" p.) — « C'est par l'orgueil que les hommes méprisant ( meprisatis ) l'autorité légitime... » {S^" Croix, 1653, i" p.) — « Les autres infirmes qui, connaissant (connoissans)s3. hor\\.é.y> {Cœci vident, 1653, i^"" p.) — «Toutes choses étant (estans) consommées, il sera tout en tous. » {Ibid., y p.) — « Étant (estans) orgueilleux et charnels, ils n'entendaient point son langage. » (Ibid.) — « Ces vérités étant ('^j'/(2;zj'^ supposées. » {Pâques, 1654, exorde.) — «Apprenant (aprenans) l'incomparable dignité de la loi nouvelle..., apprenez aussi... » (Ibid.) — « Étant (estans) ainsi déchirés en nous-mêmes. » {Pentecôte, 1654, i^"" p.) — « Aujourd'hui étant (estans) "^XçXxis àxi Saint-Esprit... » (Ibid., exorde, 1^' réd.) — « Les nations diverses entrant (e7itra?tsj dans l'Église. » (Ibid.) — « Nos anciens Pères voyant (uoia?is)... » {Annonciation, 1655, i^"" p.) — « Recherchant (Recherchans) dans les Écritures ce que nous y lisons de Joseph. » {Déposition custodi, 1656, 2*^ exorde ;) etc.
Jusqu'à cette date, quand l'accord ne se fait pas, c'est par exception, et on peut croire à un accident de plume : « Aujourd'hui les trois pieuses Marie étant (estant) accourues.» {Pâques, 1654, i^"" exorde.) — <( N'ayant (ayant) point expié vos fautes, et sentant (sentans) en vos âmes...» {Samedi- S aifit, 1652, i*' p.)
En 1656, Bossuet commence à faire intentionnellement le participe invariable (quatre ans avant que la règle fût posée par Arnauld) ; toutefois, soit par hésitation, soit en vertu de l'habitude antérieure, il laisse encore beaucoup de pluriels en ans. Ainsi ayant écrit : <i Ces excellents principes étant (estant) établis... » {Providence, 1656, i'^'" p., Voy. le fac-similé, t. II ;) et : « Les élus et les réprouvés étant (estant) en quelque façon confondus... » {Ibid., i*'"' p.), il revient, dans la même année, aux anciennes formes : « Obtenant (obtoians) ce qu'ils veulent, ils n'y trouvent pas ce qu'ils cherchent. » {Postul. Bernardine, 1656, I" p.) — « C'est en vain que les grands delà terre, s'em portant (^j'^Wj2J^r/<^z;/j/..» {8 sept. 1656, exorde, comme en 1652.) — «Qu'étudiant (etudia7is) avec soin jusqu'aux moindres signes de sa volonté, nous la prévenions... » {Conception, 1656, i""' exorde.) — Mais : « Ces choses étant (estant) ainsi supposées.» {Ibid., 2*" exorde ; Ite7n, i" p.) — Et au contraire : « De même que les fontaines, se souvenant (se souuenans ) toujours de leurs sources, portent leurs eaux eri rejail- /m<^;î/ jusqu'à leur hauteur, qu'elles vont chercher au milieu de l'air... » {Ibid., i'"'" p.) Avec e7i, le participe restait invariable. — L'exemple suivant est une inadvertance : « Nous, en mangeant (77ia}igeans) ce divin fruit qui pend à la croix. » {Scapulaire, 1653,) — L'auteur a même écrit un jour : < Encore que nous fassions sc7iiblu7is. » {Bonté et rig. de Dieu, 1652, 2"^ p.) — « Quel serait notre crime, si venant (ue7ia7is) adorer le Fils, nous manquions de saluer la divine Mère.? » {Noël, 1656, i'^' exorde.) — « Là ces heureux du siècle n'oseront paraître, parce que, se souvenant (se souuenans) de la pauvreté passée du Sauveur, et voyant (uoians) sa grandeur présente... » {Ibid., y p.)
On trouve encore quelques pluriels en ans après cette époque, mais très
Sermons de Bossuet. D