‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 4)Chapitre 4 sur 296 · Diligite inimicos vestros, 1660, 1^ point sîibjinem · texte numérisé non relu

Diligite inimicos vestros, 1660, 1^ point sîibjinem

2, Panéçyrigne de saint Benoît, 1665, 3e p.

INTRODUCTION. XV

Bossuet, qui s'adresse à des érudits de profession, ne les juge pas déplacés. Du reste, môme quand il parle à des bénédictins, il n'a garde de multiplier de telles citations. Il continuait: «... L'esprit se laisse aller et sommeille ; assuré sur la face de la mer calmée, et sur la protection du ciel expérimentée si souvent, il lâche le gouvernail, et laisse aller le vaisseau à l'abandon : les vents se soulèvent, il est submergé. O esprit qui vous êtes fié vainement et en la grâce du ciel et au calme trompeur de vos passions, vous servirez d'exemple à jamais des périls oij jette les âmes une folle et téméraire confiance ! » En cet endroit, il était tenté d'écrire la belle exclamation qu'il venait d'imiter en la surpassant: 0 nimiiun... pelago confise sereno ! Il s'arrête ; et avec raison : car il allait affaiblir, en y faisant dominer le caractère ingénieux, les fortes pensées qu'il venait d'exprimer. Il efface donc résolument la citation latine. Cette fois, c'est Deforis qui a eu tort de s'obstiner à la rétablir, malgré Bossuet.

Çà et là, mais rarement, une inspiration de détail sera ainsi demandée aux poètes ou aux philosophes. Encore sera-t-elle prise de préférence dans quelque passage souvent cité par les Pères, et qui selon l'expression de notre orateur, aura « cessé d'être profane, en passant par ce sacré canal (^). »

L'essentiel, à ses yeux, ce qu'il recommande dans ses conseils, et encore plus par ses exemples, c'est de se pénétrer et de s'impréo-ner pour ainsi dire, de l'Écriture sainte et des écrits des Pères, interprètes de la Tradition. « Venons maintenant aux choses, disait-il au jeune cardinal de Bouillon : la première et le fond de tout c'est de savoir très bien les Ecritures de l'Ancien et du Nouveau Testament. » Et pour les Pères de l'Église : « Je voudrais, ajoute-t-il, joindre ensemble saint Augustin et saint Chrysostome. L'un élève l'esprit aux grandes et subtiles considérations ; et l'autre le ramène et le mesure à la capacité du peuple... »

On sait combien Tertullien avait charmé sa jeunesse. Avec le temps, son enthousiasme pour cet écrivain si puissant dans son style tourmenté diminua, sans toutefois qu'il en vînt jusqu'à le dédai^-ner. Il écrit, à cette date de 1670, oli le neveu de Turenne converti le consulte : « Comme l'usage veut qu'on cite quelques sentences, c'està-dire accurathis vel elegantiiis diciata, Tertullien en fournit beaucoup. Seulement il faut prendre garde que les beaux endroits sont fort communs. » Ils le sont plus encore maintenant, surtout grâce aux citations de Bossuet lui-même.

On rencontre en maint endroit la preuve qu'il n'était pas moins

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