‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 4)Chapitre 41 sur 296 · SUR LA GRAMMAIRE ET LE VOCABULAIRE. LUI · texte numérisé non relu

SUR LA GRAMMAIRE ET LE VOCABULAIRE. LUI

Il ne faut pas croire cependant, que ce pléonasme, dont on trouve encore des exemples dans le Discours sur P Histoire universelle^ ait lieu dans toutes les phrases dont le sujet est éloigné du verbe. Nous lisons dès la première époque : « Dieu, qui résiste aux superbes, voyant ses pensées arrogantes, et que son esprit, emporté d'une téméraire complaisance de ses propres perfections, ne pouvait plus se tenir dans les bornes d'une créature, du souffle de sa bouche le précipita au fond des abîmes ; » {Démons^ 1653, 2^ p.) sans /7, qui n'aurait fait qu'alourdir cette inversion si expressive. — Dans cette phrase : « Quiconque s'oppose à la vérité..., fait mourir spirituellement la justice... » {Haine de la vérité^ 1666, i^' p.) il est effacé. — Cette autre, où le pléonasme était pourtant d'un heureux effet : « Tout néant que je suis, je suis homme ; et mon Dieu qui est tout, //est homme ; » {Noël, 1656, 2^ pj est ainsi reproduite, onze ans plus tard :« ... et mon Dieu, qui est tout, s'est fait homme ; » sans il.{Noël,\667, 2* p.) Comme on le voit par l'exemple précédent, le pléonasme avait quelque chose d'oratoire. Il servait aussi à faire entrevoir plus promptement une idée, qui est ensuite expliquée : « Ah ! Dieu est juste et équitable. Vous y viendrez vousmême, riche impitoyable, aux jours de besoin et d'angoisse. >"> {Impénit. finale, 1662, 3*^ p.) ; — quelquefois, dans les inversions (I, 321, 324, Loi de Dieu, i*^''p., avec y ; ibid., 148, 319, avec en.) — Il rappelle utilement un sujet séparé du verbe par un commentaire : « Remarquez qu'il ne dit pas : La veuve qui passe sa vie dans les crimes ; il dit : La veuve qui la passe dans les plaisirs, elle est morte toute vive. » {Palatine, 1685.)

//peut nous paraître explétif en certaines phrases, où il était logiquement emploj'é : « Qui interroge, // cherche ; qui cherche, il ignore. » {Cœci vident, 1653, 2^ exorde.) — « Qui le croirait ainsi, il entendrait mal l'intention de l'Église. » {Ascension, 1654, 2° p.)

Autre pléonasme : « Comme on voit les mécontents ne s'associer seulement que pour la ruine de leur commune patrie... » {Vêture, 2 février 1654, i^"" p.) — Autre ex., I, 95, texte et note.

Plus. Un des... qui... le plus, avec le singulier. Voy. Latinismes, 5°. Plus tôt, plutôt. Bossuet n'a qu'une orthographe : plustost. Les éditeurs ont fait la distinction sous leur responsabilité. Au lieu d'imprimer, comme nos devanciers : ne pas plutôt, nous avons dit, conformément au sens de l'expression: ne pas plus tôt. Nous avons réservé phitôt pour les phrases qui marquent la préférence.

Plut a Dieu que est quelquefois suivi du présent du subjonctif: « Plût à Dieu qu'elle vous soit favorable (votre sentence), plût à Dieu que vous soyez placés h la droite !» {Quasiînodo, i66o,péror.) — Cf II, 475 {Satisfactio7i, 1658. Voy. le fac-similé, t. IL)

Police: organisation politique : « Cette cité merveilleuse, dont Dieu même a jeté les fondements, a ses lois et sa police, par laquelle elle est gouvernée. » {lùninente dignité des pauv7-e s, 1659, 2^ exorde.) — Môme sens dans le Panégy- 7-ique de sai?tt Paul {W, 296), et Discours sur P Histoi?'e unive?-selle : <i Ctiic excellente /(9/zV^ des Égyptiens. » (III, V.)

Porter, comme supporter : « Ou''a porté le divin Sauveur pour cette indigne préférence } » {Vendredi-Saint , 1662, 2*-' p.) — « Il voit que nous ne pouvons pas en /(^r/^^r l'abondance entière. » {Justice, 1666, 3^ p.) — « Ne pourrai-je aujourd'hui éveiller ces yeux spirituels et intérieurs qui sont cachés bien avant au fond de votre âme, les détourner un moment de ces images vagues et changeantes que les sens impriment, et les accoutumer à porter la vue de la vérité toute pure ? » {Toussaiftt, 1669, i"^"" p.)

Pour grand, pour petit que, c.-à-d. si grand, si petit... que : « Elle ne

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