SUR LA GRAMMAIRE ET LE VOCABULAIRE. LV
« Si la vertu s'y conserve, elle perd ^/^r^jz toute sa beauté. )) {Sou^rances,i66ï^2^ç.) Exceptionnel à cette date. Voyez au contraire I, 5 ; 7 ; 22 ; 48 ; 106 ; 151.
Que. Supprimé : « C'est peu connaître la grandeur de' Dieu, de penser... » (Scapulaire, 1653, i^'p.) — Et dans cette locution : « A qui ce fut.» {Bonté et ri^. de Dieu^ 1652, 2'- exorde.) — Voy. Foudre.
— Répété au contraire d'une manière insolite : « Faisons voir par les saintes Lettres que non seulement la nature, mais encore que la charité est féconde. » {Rosaire^ 1657, i^*" p.) On peut supposer une ellipse des mots « est féconde » après nature.
— Mais que est sûrement explétif dans la dernière phrase du Panégyrique de saint Bernard {\^ 421). Le premier que est mis pour annoncer le second à l'avance, comme av chez les Attiques.
— Que sert à former des phrases elliptiques, comme celles-ci : « Cette manne si délicieuse, qu'est-ce qti'MXiÇ^ viande corporelle .^ » (Z^j- deux Alliafices^ '653, i^"" p.) C.-à-d. qu'est-ce autre chose que.. ? — « Elle jouit seule avec Dieu d'une si grande joie, sans la partager qu^2iV^z ceux à qui il plaît au Saint-Esprit de la révéler. » {PuriJication^i6$2>^ i^' P-)
En voici même de plus étranges, où que semble avoir double fonction : « Est-il rien de plus convenable que nous recevions de vos mains le fruit de vos bénies (bénites) entrailles } » {Annoficiation, 1655, ^""^ P) ^.-à d. oue ceci, que nous recevions... — « Est-il rien de plus évident que nous sommes toujours hors de nous ? » {Martha..., 1655, i"p.) — « Il n'est rien de plus véritable qite nous ne pouvons rencontrer que trouble dans la multitude qui nous dissipe » (Ibid.) — « Il n'est rien de plus véritable que le pontife doit sacrifier d'un esprit tranquille. » {Compassion, 1658, 2'^ p.) — Évidemment, cette syntaxe n'est pas à imiter.
— Ce que àest que de; ce que âest que; ce que c'est de: « Homme de douleurs, et qui sait ce que c'est que d'inûrmhé. » {Souffrances, 1661, i^"" p.) — « O Dieu ! encore une fois qu''est-ce que rt?é?nous?» {Mort, 1662,1^1" p.) — « O homme, venez apprendre ce que âest que l'homme. » {Ibid., 2*^ exorde.) — « N'y a-t-il que les épicuriens et les sensuels qui aient bien connu ce que âest de l'homme .? J> {Toussaitit , 1669,
Qui. — A $^7// remplacé quelquefois par auquel : « Satan, auquel notre nature s'était prostituée. » {Scapulaire, 1653, i*^"" p.) — De ^//-z pour do7it.^ avec un nom de chose (rarement) : « Ces châteaux enchantés, de qui nous entretiennent les poètes. » {Félicité des SS., 1648.) — Dont est usité d'ailleurs à toutes les époques ; dans la première, il est employé concurremment avec duquel, desquels : « Se manifester aux hommes, desquels W venait être le Précepteur. » {Cœci vident, 1653, 2'' exorde.) — «Les prédictions des prophètes, ^^>;// nous avons ici un tissu. » (Ibid.) — Et dans une même phrase : « D'être dépendant de Dieu seul, dont il est si doux de dépendre, et le service /'///«^//^Z vaut mieux qu'un royaume. » {Postul. Ber?iardijte, 1656, i"^^"" p.)
— Q^^^i pour ce qui. Voy. Attraction.
— (2ui..., qui..., pour /'////, P autre {Loi de Dieu, 1653, 2'' exorde.) — Ne se retrouve plus dans la reprise en 1659, ni dans la Vêture iT/rrr/Z/^i..., en 1655.
Quitter; Quitter de : remettre une dette {Satisfaction, 1658, i«' p. ; A'AV^ dim. après la Pentecôte, 1659, canevas ; Charité fraternelle, 1660.)
Se rabaisser, se ravilir, comme s'abaisser, s'avilir : « Cette sagesse infinie se rabaisse jusqu'à dire : Je descendrai : » {fustice, 1660, 2'" p.) — « Cet art obligeant qui fait qu'on se rabaisse sans se dégrader... » {Henriette de Fr., 1669.) — « Cette fausse image de grandeur s'est tellement étendue, cju'ellc s'est enfin ravilie.)y{Hon7ieur,\G66, V p.) — « Ce que JÉsus-Christ est venu chercher
Lvi RKMAR(^UES
du ciel en la terre, ce qu'il a cru pouvoir, sans se ravilir, acheter de tout son san.iî, n'est-ce qu'un rien ->.l>U{enrUtt.' (V Ani^L, 1670, exorde.) — De même ressnitir, zowww^ sentir : < On ressentait dans ses paroles un regret sincère... »
{Condt\ 1687.)
Ramasser : amasser, rassembler. Mot dont Bossuet fait grand usage, sans y attacher aucune idée de mépris: (L Ramasser %^s, esprits. » (A'^^ja/?r, 165 1, 2* exorde.) — < Qu'on ramasse, s'il se peut, en un même lieu tous ceux qui ont jamais eu la réputation de sagesse... » {Loi de Dieu, 1653, 1" p. ) — <? Son cher Fils,dans lequel il a ramassé ^o\\\^s les ve'rités qui nous sont utiles... » (.V. Bernard, 1653, 2" p.) — < Son Église, que son sang et son esprit lui ont ramassée ^ç^ toutes les nations... > {Profession, Epiphanie, 1660, 1^=^ exorde.) Cf. I, 285 (Les deux Allianees.)— € Ces terres et ces seigneuries, qu'il avait ramassées avec tant de soin. » {Nécessités de la vie, 1660, 3*^ p. ; Ambition, 1662, i"" p.) — (i Ramasser son attention... ^ {Parole de Dieu, 1661, 2« p.) « Il n'a besoin de personne pour posséder tout le bien, parce qu'il le ramasse tout entier en sa propre essence. » {Annonciation, 1661, 3* p.) ^< C'est ici que je voudrais pouvoir ramasser tout ce qu'il y a de plus efficace dans les Écritures divines... » ( Prodigue, 1666, 2« p.) - « C'est ramasser toutes ses forces... yy {Henriette d'Angl., 1670.) ~ « Anne, pleine de foi, ramasse toutes le* forces qu'un long exercice de la piété lui avait acquises. > {Marie-Thérèse, 1683.) — « Toutes les vertus qu'elle a pratiquées se ramassent dans cette dernière parole. » {Palati?te, 1685.) — « L'Eglise ramasse ensemble tous les titres par où l'on peut espérer le secours de la justice. » {Le Tellier 1686.) — Bossuet dit aussi, mais dans un autre stns,, amasser'. « Lui amasse un trésor de haine... » ( Vailles excuses...., 1660, 2^ p.)
Rapidité (rapere) : force entraînante (Gazier, 226) : « Tout y semble emporté par l'aveugle rapidité de la fortune. » {Providettce, 1662, 2^ exorde.) — « Nous nous sentons emportés avec tout le reste par une même rapidité.^ {Toussaint, 1669, 3^ p.) — « Étant nés pour l'éternité, nous nous mettons volontairement sous le joug du temps, qui brise et ravage tout par son invincible rapidité.^ {Pâques, 1681, l'^^p.)
Rappeler (Se), (se revocare ab) .•« L'âme raisonnable se rappelle de la multitude pour concourir à l'unité seule. » {Martha..., 1655, 2^ p.) C.-à-d. se retire, se rej)re?id. . .
Rebeller, neutre : « Ne vous persuadez pas que Dieu vous laisse rebeller contre lui des siècles entiers. » {Bonté et rig. de Dieu, 1652, 2^ p.)
Réciter: citer à haute voix : « Les paroles que j'ai récitées. » {Henriette d^Angl., 1670, exorde.)
RÉCOMPENSER, OU RÉCOMPENSER DE : comme compenser : « Ce qui semble lui manquer du côté de la violence, il le récompensé par la durée. » {S. François de Paule, 1655, i^"^ p.) — « Semble plutôt lui reprocher son malheur que la récompenser de sa perte. » {S.fean, 1658, 2^ p.) — « Je ne ferai jamais aucune perte, qu'un plus grand bien ne la récojnpense. » {Nécessités de la vie, 1660, i^'" point.)
Se récompenser de, pour : user de compensation: « On peut se réco?npenser de l'argent qui vous est volé... » {De P Honneur, 1658.) — « Que si notre dél icatesse ne peut supporter les peines du corps..., récoinpensons-nous sur les cœurs. » ( Vendredi-Sai7it, 1662, 3'-' p.) — « A son tour la puissance temporelle a semblé vouloir tenir l'Église captive, et se récompenser de ses pertes sur JÉSUS- Christ même. » {Le Tellier, 1686.)
Reconnaissance : action de reconnaître (ses fautes) : « L'humble reconnaissatue du prince qui s'en repentit. » {Condé, 1687.) — « Ses fautes dont il faisait une si sincère re confiais sance. » (Lbid.)