‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 4)Chapitre 47 sur 296 · LX REMARQUES · texte numérisé non relu

LX REMARQUES

reille, qui se souvenait de cette r6i;le, a obligd nos grammairiens à conserver l'accord au fc^miiiin devant une consonne ou une aspirde. Ordinairement, dans les manuscrits de Bossuct, le masculin varie aussi au pluriel, et le féminin au singulier : < 'A?///.- entière. > (Passim.) — « Ni les patriarches, ni les séraphins tout brillants (tous) briUans d'intelligence, tout brûlants (tous bruslans) d'amour... » {Ascension, 1654, r p.) — (<. Une sainte société de désirs tout (tous) spirituels. > {S. foseph, 1656, i^^p.)— « Ces beaux mots de Tertullien, qui sont tout (tous) faits pour notre sujet. ^> {S"' Thérhc, 1657, i'^' p.) Les habitudes de l'auteur aident ici ;\ trouver le vrai sens. — Il faut de même en tenir compte pour interpréter ces phrases : « Des hommes tout (tous) de terre et de boue...» {Loi de Dieu, 1653, péror.) — « Venez vous voir tout (tous) tels que vous êtes. » {Haine de la vétité, 1661, 3= p.) — « Tout prêts (Tous près ts) à vous avouer ce qu'il vous plaira, pourvu que vous les laissiez agir à leur mode. » {Cœci vident, 1665, V p.) Toutefois le même sermon contient : « Tout plongés qu'ils sont dans les choses basses. » «Ibid.» ; et on lit de même en 1662 : « Les biens tout purs... » {Providence, 1662, 2'' p.) — C'est une anticipation sur la règle actuelle; il y en a peu d'exemples. — On trouve encore plus tard : « Telle est la joie des bienheureux..., dont les transports sont inconcevables et les excès tout (tous) divins. » {Toussaint, 1669, 3^ p.)

Sur ce point, comme sur quelques autres, nous nous sommes gardé de reproduire une orthographe, ou, si l'on veut, une syntaxe, qui aurait fait illusion aux lecteurs sur le véritable sens de certains passages. Lâchât conservait toute entihe,]Q ne sais pourquoi. Il fallait donc aussi mettre au pluriel : toutes entières, comme Bossuet l'écrivait {Bonté et rig. de Dieu, 1652, 2*= p.), et au masculin : tous entiers. {Novissiina inimica..., 1669, 3^ p.) Ce système aurait, nous le savons, quelques partisans. Pour nous, nous avons préféré renvoyer dans les notes ces particularités.

Tout, joint aux adverbes : « Tout visiblement. » {S. François de Paule, 1655 ; Nécessités d.^ la vie, 1660, 2^ p.)

Tout ai?isi que {Scapulaire, 1653, i^"" p. ; Vêture, 2 février 1654, etc.). Se retrouve exceptionnellement en 166 1 : « Toiit ainsi qu'un songe. » {Ambition, 1661.)

Tnit... que, avec l'indicatif, non le subjonctif. {S. Jean, 1658, i^"^ p. fin, var.)

Du tout, sans négation : « Cela est du tout admirable. » {Purification, 1653, I" p.)

Traductions de l'Écriture. — Par respect, Bossuet les fait volontiers littérales, et souvent plus archaïques que le contexte qui les encadre. C'est pour cela qu'il dit, même dans la grande époque (en 1665 et 1668, IV" dim. de PAvent) : « Des/ruits dignes de pénitence ; » et non : de dignes fruits. Il pense à: Fructus dionos pœnitentiœ (Luc, m, 8). — « Dieu était en Christ {in Christo, II Cor., V, 19), se réconciliant le monde. » {Vendredi- Saint, 1661, 3^ p.) — « C'est où V Esprit nous assure que nous nous reposerons à jamais de toutes nos peines. » {Toussaint, 1669, 3^ p.) Le mot saint n'est point à suppléer avant ou après Esprit, comme le veulent les éditeurs : Amodo jani dicit Spiritus... (Apoc, XIV, Ï3-) — ^< Il (Dieu) pleutsm les justes et les injustes. » [Ipsum audite, 1660, i^"" p.) Cf Marc, v, 45. — «/^ pleuvrai, dit-il, des pains du ciel : Ecce egopluam vobis panes de cœlo. » [Exod., XVI, 4.] {Deus tentavit eos, 1663, 2^ exorde.) — « En ce tien jour. » {Bonté et rig. de Dieu, 1652, texte.) In hac die tua. — « Il a voulu appréhender la nature humaine. » {Ibid., i" p. Voy. la note, I, 142.) — « Sous un Dieu si bon et si bienfaisant, ... dont les infinies misératioîis éclatent magnifiquement par dessus tous ses autres ouvrages. » {Anges gardiens, 1659, 1" p.) Cf. Ps. CXLIV, 9: Miserationes ejus... --« C'est Dieu même qui est

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