‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 106 sur 573 · Var. empire · texte numérisé non relu

Var. empire

Sennons de Bossuet. — V. 8

nous en donnera toutes les suites jusqu'à la dernière consommation de notre félicité; puisqu'on peut aisément penser qu'une nature infinie et qui n'a pas besoin de nous (') pouv^ait bien nous laisser dans notre néant ('), niais qu'il est tout à fait indigne de lui, ayant commencé son (3) ouvrage, de le laisser imparfait et de n'y mettre pas la dernière main : d'où il s'ensuit que celui-là même qui a bien voulu nous donner l'être, veut aussi nous en donner la perfection, et par conséquent nous rendre heureux, puisque l'idée de la perfection et celle de la félicité sont deux idées qui concourent : celui-là étant tout ensemble heureux aussi bien que parfait, à qui rien ne manque.

Et c'est la troisième chose qu'il est nécessaire que nous connaissions de Dieu pour l'adorer en vérité, à savoir qu'il est une nature infiniment bonne et bienfaisante, parce que l'adoration que nous lui rendons n'enferme pas seulement une certaine admiration mêlée d'un respect profond pour sa grandeur incompréhensible, ni une entière dépendance de son absolue souveraineté, mais encore un retour volontaire à sa bonté infinie, comme à celle où nous trouverons dans la perfection de notre être le terme de nos désirs et le repos de notre cœur : Adorabunt Patrem : « un Père (^) ! »

Mais encore qu'il n'y ait rien de plus manifeste que la bonté de Dieu, il est vrai, néanmoins, messieurs, que nous la méconnaissons souvent (^). Et certes si nous étions persuadés, comme nous devons, que Dieu est essentiellement bon et bienfaisant, nous ne nous plaindrions jamais qu'il nous refuse aucun bien ; et lorsque nous n'obtenons pas ce que nous lui demandons dans nos prières, nous croirions nécessairement de deux choses l'une, ou que ce n'est pas un bien véritable que nous demandons, ou que nous ne sommes pas bien disposés à le recevoir.

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