Var. que de l'adorer
3. Note marginale (en tête du 2^ point): De tali sp'iritu e?nissa esse débet oratio, qualis est Spiritus ad quern (ms. quam) viittitur. Netno adversaritim recipit, nèmo facile nisi comparein suiini admittit. (Tertull., De Orat.)
Au verso de la f. 278, sur laquelle Bossuet avait écrit quelques lignes de ce second point, qu'il efface ensuite, se lit le canevas suivant (Lâchât imagine d'en faire une péroraison): « ... Et certainement Dieu comme bon, d'un naturel communicatif ; Esprit qui aime à se répandre et à s'insinuer dans les cœurs. Donc, comme il est avide de se donner, ainsi avides de le recevoir : Siciit urget petere 7iecessitas filitufi, sic urget caritas dare getiitorem. (S. Petr. Chrysol., serm. LXXI, in orat. Domin.) A nous notre besoin et à lui sa charité est un pressement. Ne soyons pas moins empressés à recevoir que lui à donner. Il se plaît d'assister les hommes ; et autant que sa grâce leur est nécessaire, autant coule-t-elle volontiers sur eux. « 11 a soif qu'on ait soif de lui : » dit saint Grégoire de Nazianze [Orat. XL) ; recevoir de sa bonté, c'est lui bienfaire ; exiger de lui, c'est l'obliger ; et il aime si fort à donner que la demande à son égard tient lieu de
SUR LE CULTE DU A DIEU. llj
ceux qui adorent doivent adorer en esprit (''). » En effet, puisque Dieu nous a fait l'honneur de nous créer à son image, et que le propre de la religion, c'est d'achever dans nos âmes cette divine ressemblance, il est clair que quiconque approche de Dieu doit se rendre conforme à lui ; et par conséquent comme il est esprit, mais esprit très pur et très simple, qui est lui-même son être, son intelligence et sa vie, si nous voulons l'adorer, il faut épurer nos cœurs et venir à cet esprit pur avec des dispositions qui soient toutes spirituelles ; c'est ce qui s'appelle dans notre évangile adorer Dieu en esprit.
Je ne finirai jamais ce discours, si j'entreprends aujourd'hui de vous raconter toutes les saintes dispositions que nous devons apporter au culte sacré de Dieu. Je dirai donc seulement, pour me renfermer dans mon texte, celles que le style de l'Ecriture exprime spécialement sous le mot d'esprit, qui sont la pureté d'intention, le recueillement en soi-même, et la ferveur : trois qualités principales de l'adoration spirituelle.
Notre intention sera pure, si nous nous attachons saintement à Dieu pour l'amour du bien éternel qu'il nous a promis, qui n'est autre que lui-même. Vous n'ignorez pas, chrétiens, que l'ancien peuple a été mené par des promesses terrestres, la nature infirme et animale (') ayant besoin de cet appât sensible et de ce faible rudiment. Mais les principes
a. Joan.^ IV, 24.
bienfait. Le moyen le plus assuré pour obtenir son secours, c'est de croire qu'il ne nous manque pas ; et j'ai appris de saint Cyprien «qu'il donne toujours à ses serviteurs autant qu'ils croient recevoir de lui : » Da7is credentibus iantiuu^ quanhini se crédit capere qui sumit. (Epist. viii ad ^lart. et Conf.) Ne croyez donc jamais qu'il nous refuse, c'est qu'il nous éprouve ; ou en remettant il nous fait ce grand bien d'arracher de nous par ce délai de son secours la reconnaissance et la confession de notre faiblesse. Ou nous ne demandons pas bien, ou nous ne sommes pas préparés à bien recevoir, ou ce que nous demandons est tel qu'il n'est pas digne de lui de nous le donner. Les hommes sont embarrassés quand on leur demande de grandes choses, parce qu'ils sont petits ; et Uieu trouve indécent qu'on s'attache à lui demander de petites choses, parce qu'il est grand. Ne lui demandez rien moins que lui-même. — Contre l'irréligion des hommes. Ceux qui crient contre les hypocrites ont raison ; mais voy. sermon Ipsum audite^ Saint-Thomas du Louvre. » (Cf t. IV, p. 514, 518.) I. Var. grossière.
IlS CARÊME DE SAIXT-GERMAIN,
étant établis ('), l'enfance étant écoulée, le temps de la perfection étant arrivé, Jésus-Christ vient apprendre aux hommes à servir Dieu en esprit par une chaste dilection des biens véritables qui sont les spirituels : Adorabunt Patrem in spiritu.
Les choses étant changées (^), le Nouveau Testament étant établi, il est temps aussi, chrétiens, que nous disions avec le Sauveur : Dieu est esprit ; mais cet esprit pur nous a donné un esprit fait à l'image du sien. Cultivons donc en nousmêmes ce qui est semblable à lui, et servons-le saintement, non pour contenter les désirs de cette nature dissemblable (''), je veux dire de notre corps, qui n'est pas tant notre nature que notre empêchement et notre fardeau ; mais pour assurer la félicité de l'homme invisible et intellectuel, qui, étant image {^) de Dieu, est capable de le posséder (^).
Et c'est ici, chrétiens, que nous ne pouvons assez déplorer notre aveuglement. Car si nous faisions le dénombrement ' des vœux que l'on apporte aux temples sacrés, ô Dieu ! tout est judaïque ; et de cent hommes qui prient (^), à peine trouverons-nous un seul chrétien qui s'avise de faire des vœux et de demander des prières pour obtenir sa conversion. Démentez-moi, chrétiens, si je ne dis pas la vérité {^). Ces affaires importantes qu'on recommande de tous côtés dans les sacristies sont toutes affaires du monde ; et plût à Dieu du moins qu'elles fussent justes (^), et que si nous ne craignons pas de rendre Dieu ministre de nos intérêts, nous appréhendions du moins (^) de le faire ('°) complice de nos
1. Var. Mais le temps delà perfection étant arrivé, JÉSUS-Christ...