Var. si vigoureux
3. Ces quatre lignes ne se retrouveront pas dans le sermon sur la Justice. Mais nous y lirons ce qui les précède ici et les suit immédiatement.
Mais après qu'il eut rendu ce jugement mémorable, écoutez ce qu'ajoute le texte sacré : « Tout Israël, dit la même Écriture, apprit le beau jugement que le roi avait rendu ; et ils craignirent le roi, voyant que la sagesse de Dieu était en lui ('). » Sa mine haute et relevée le faisait aimer : sa (') j ustice le fait craindre de cette crainte de respect qui ne détruit pas l'amour, mais qui le rend plus retenu et plus circonspect. Les bons respirent sous sa protection, les méchants appréhendent ses yeux et son bras ; et il résulte de ce beau mélange une certaine révérence qui a je ne sais quoi de religieux, et dans laquelle consiste le véritable caractère de la majesté.
Mais, messieurs, il faut finir et vous dire que la puissance, après avoir fait son devoir en soutenant la justice, a encore une dernière obligation, qui est celle de soulager la misère. En effet, ce n'est pas en vain que Dieu fait luire sur les grands du monde un rayon de sa puissance toujours bienfaisante. Ce grand Dieu, en les revêtant de l'image de sa gloire, les a aussi obligés à imiter sa bonté ; et ainsi, dit excellemment saint Grégoire de Nazianze {''), prêchant à Constantinople en présence de l'empereur, ils doivent se montrer des dieux en secourant les affligés et les misérables.
J'ai remarqué dans les saintes Lettres que Dieu se moque souvent des idoles qui portent si injustement le titre de dieux; mais entre les autres reproches par lesquels il se rit des peuples aveugles qui leur donnent un nom si auguste, celuici me semble fort considérable : « Où sont vos dieux, leur dit-il, dans lesquels vous avez mis votre confiance (^) ? » Si ce sont des dieux véritables, « qu'ils viennent à votre secours et qu'ils vous protègent dans vos besoins(^). » Ce grand Dieu, ce Dieu véritable et seul digne par sa bonté de la majesté de ce titre, a dessein de nous faire entendre que c'est une
a. Orat. XXVII. — b^ Deuter.^ XXXII, y]^ 38.
i.'En m.2L.xgQ '. Aîcdivii iiaque omnis Israël judicium qiiod judicasset rex^ et ttmuerunt regem^ videntes sapientiam Dei esse in eo ad faciendum Jtcdîcium (III Reg,, ni, 28).
2. Édit. Mais sa justice. — Mais est souligné, c'est-à-dire effacé.
3. En marge : Ubi stint dii eorum^ in quibus habebant fidticiam ? ... Surgani et opitulentîir vobis^ et in necessitate vos protegant !