‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 138 sur 573 · Huit mots que Gandar renvoie dans les variantes · texte numérisé non relu

Huit mots que Gandar renvoie dans les variantes

Et en effet, chrétiens, que peut-on jamais penser de plus funeste (') ? Les gentils, qui ne connaissent pas Dieu, périssent dans leur ignorance ; les chrétiens, qui le connaissent, périssent faute d'y penser: les uns n'ont pas la lumière; ceux qui l'ont détournent les yeux, et se perdent d'autant plus misérablement qu'ils s'enveloppent eux-mêmes dans des ténèbres volontaires (^). Mais de là il arrive un second malheur : que, pendant que nous tournons le dos à la vérité et que nous tâchons, dit saint Augustin ('^), de nous cacher dans notre ombre, en éloignant de notre vue (^) les maximes de la foi, peu à peu nous nous accoutumons (^) à les méconnaître. Ces saintes vérités du ciel sont trop graves et trop sérieuses pour ceux qui « estiment, comme dit le Sage, que notre {^) vie n'est qu'un jeu : » y^stimavertint lusum esse vitam nostram (^)\ elles sont trop incompatibles,et condamnent (^) trop sévèrement ce que nous aimons (7) : c'est pourquoi nous en éloignons la triste et importune pensée. Mais comme, quelque effort que nous fassions pour détourner nos visages, de peur que la vérité ne nous éclaire de front, elle nous environne par trop (^) d'endroits pour nous permettre d'éviter tous ces rayons incommodes (9), à moins que nous ne l'éteignions entièrement ('°) : nous en venons ordinairement, par nos passions insensées, à l'un de ces deux excès, ou de supprimer tout à fait en nous les vérités de la foi, ou bien de les falsifier et de les corrompre par des maximes erronées.

Je n'entreprends pas, chrétiens, de réfuter en ce lieu ceux

a. De liber. Arbitr.^ li, 16. — b. Sap.^ xv, 12.

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