‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 142 sur 573 · Mot souligné, et toutefois conservé · texte numérisé non relu

Mot souligné, et toutefois conservé

2. Ici un paragraphe interpolé, même dans Gandar, où il est du moins abrégé: « La chair qui est condamnée... » (voy. t. III, p. 669, note). C'est un emprunt au sermon des Carmélites. Il y a un signe de renvoi ; mais il n'est pas de la fa»çon de Bossuet. La main de Deforis se trahit en outre en marquant 19, sur le feuillet de 1661. On était à la page 19 du manuscrit de 1666.

3. Bossuet se contente d'indiquer le développement par les premiers mots. C'était une réminiscence d'une citation de saint Augustin,que nous avons donnée, t. IV, p. 467.

perdre : « C'est une route toute droite, dit le prophète Isaïe : c'est un sentier étroit, à la vérité, mais qui n'a point de détours: » Semita J2tsti recta est, rectiis callis jttsti ad ambtclandtim ("). Voulez-vous savoir, chrétiens, le chemin de la justice ? Marchez dans le pays découvert, allez où vous conduit votre vue : la justice ne se cache pas, et sa propre lumière (') nous la manifeste. Si vous trouvez à côté quelque endroit obscur et embarrassé, c'est là que la fraude se réfugie, c'est là que l'injustice se met à couvert, c'est là que l'intérêt dresse ses embûches. Toutefois je ne veux pas dire qu'il ne se rencontre quelquefois des obscurités, même dans les voies de la justice. La variété des faits, les changements de la discipline, le mélange des lois positives, font naître assez souvent des difficultés qui obligent de consulter ceux à qui Dieu a confié le dépôt de la science. Mais il ne laisse pas d'être véritable, et nous le voyons tous les jours par expérience, que les consultations empressées nous cachent ordinairement quelque tromperie ; et je ne crains point de vous assurer que pour régler notre conscience sur la plupart des devoirs de la justice chrétienne, la bonne foi est un grand docteur qui laisse peu d'embarras et de questions indécises.

Mais notre corruption ne nous permet pas de marcher par des voies si droites : nous formons notre conscience au gré de nos passions ; et nous croyons avoir tout gagné, pourvu que nous puissions nous tromper nous-mêmes. Cette sainte violence, ces maximes vigoureuses du christianisme, qui nous apprennent à combattre en nous la nature trop dépravée, sont abolies parmi nous. Nous faisons (^) régner en leur place un mélange monstrueux de Jésus-Christ et du monde ; des maximes moitié saintes et moitié profanes, moitié chrétiennes et moitié mondaines: ou plutôt toutes mondaines et (^) toutes profanes, parce qu'elles ne sont qu'à demi chrétiennes et à

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