‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 179 sur 573 · SERMON POUR · texte numérisé non relu

SERMON POUR

23 avril 1666.

Bossuet a laissé en blanc certaines parties de ce discours, qui rentraient dans celui de 1662. Les éditeurs se contentaient, à ces endroits, d'indications vagues ou incomplètes. Pour rendre à cette Passion un intérêt égal à celui que présentent celles des stations précédentes, il suffit de combler les lacunes, non par des développements de notre invention, mais avec les propres phrases de l'auteur lui-même. Toutefois, comme il n'est pas certain qu'il les ait toujours reprises de mot à mot, nous mettons entre crochets les passages empruntés à la Passion du Louvre. La péroraison seule reste fruste : Bossuet ne l'a achevée que dans la chaire.

Justus périt ^ et non est qui recogitet in corde suo.

Le Juste meurt, et il ne se trouve personne qui médite cette mort en son cœur.

(/y., LVii, I.)

TOUTE la science du chrétien est renfermée dans la croix ; et le grand apôtre saint Paul, qui a (^) appris au troisième ciel les secrets de la sagesse de Dieu, est venu publier au monde qu'il ne savait autre chose que Jésus- Christ, et Jésus-Christ crucifié : Non enim jtidicavi ine scù^e aliquid inter vos, nisi Jesum Christum et hune crucifixum (^).

En effet, il est véritable que la sagesse divine ne s'est jamais montrée plus à découvert, à ceux à qui la foi a donné des yeux, que dans le mystère de la croix. C'est là que Jésus-Christ étendant les bras nous ouvre le livre sanglant

a. I Cor., II, 2.

1. Mss., 12823, f. 347-366. — In-4°, avec un tiers de marge. Belle e'criture, comme dans la seconde rédaction du sermon précédent, et dans celui du dimanche de la Passion.

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