Var. après avoir appris... — Texte des éditions
192 CAREME DE SAINT-GEKMAIN.
dans lequel nous pouvons apprendre tout l'ordre des conseils de Dieu, toute l'économie du salut des hommes, la règle fixe et invariable pour former tous nos jugements, la direction sûre et infaillible pour conduire droitement nos mœurs, enfin un mystérieux abrégé de toute la doctrine de l'Evangile et de toute la théologie chrétienne.
Ce n'est donc pas sans raison que le prophète Isaïe se plaint dans mon texte que cette mort n'est pas méditée : <.< Le juste meurt, nous dit-il, et personne n'y pense en son cœur.» C'est en vain que la sainte Église appelle aujourd'hui tous ses enfants à la croix : tous en révèrent l'image ; peu en contemplent le mystère ; aucun presque ne s'en applique la vertu : de sorte que le plus saint de tous les spectacles, et celui qui est le plus capable de toucher les cœurs, n'a pas de force pour changer les nôtres.
Qui me donnera ('), chrétiens, que je puisse aujourd'hui vous rendre attentifs à la croix de Jésus-Christ, que je puisse graver dans vos cœurs un souvenir éternel de sa passion et vous découvrir les secrets qu'elle enferme pour votre salut! Mais, mes frères, nul n'est capable d'entendre le mystère de la croix, si auparavant il ne l'adore ; et le degré nécessaire pour pénétrer ses grandeurs, c'est de révérer ses bassesses.
Donc, ô croix (^) qui nous fais voir aujourd'hui le plus grand de tous les miracles (^) dans le plus grand de tous les scandales ; ô croix, supplice du juste, et asile des criminels ('*), qui nous ôtes Jésus-Christ, et qui nous le donnes ; qui le fais notre victime et notre monarque, et enfermes dans le mystère du même écriteau la cause de sa mort et le titre de sa royauté ! reçois nos adorations, et fais -nous part de tes
1. Première rédaction effacée : Et toutefois, chrétiens, cette humble adoration que nous rendons à la croix ne devrait pas être un simple hommage ; elle doit nous ouvrir les yeux, et nous attacher à JÉSUS crucifié avec une attention profonde. Nul n'est capable...
2. Édit. du Sauveur Jésus. — Trois mots soulignés, c'est-à-dire effacés.