Var. condamnait
juste en cela souverainement, que tu commences ta maligne opération (') par le cœur où tu es conçue. » Les pontifes des Juifs et les Pharisiens, tourmentés nuit et jour de cette lâche passion s'emportent aux derniers excès contre le Sauveur, et joignent ensemble, pour l'accabler, tout ce qu'a la dérision de plus outrageux et la cruauté de plus sanguinaire (^).
C'est une chose inouïe que la risée et la cruauté se joignent dans toute leur force, à cause que l'horreur du sang répandu remplit l'âme d'images funèbres qui rabat[tent] cette joie malicieuse (^) dont se forme la moquerie. Cependant [je vois ("*) mon Sauveur livré à ses ennemis pour être l'unique objet de leur raillerie, comme un insensé ; de leur fureur, comme un scélérat : en telle sorte, mes frères, que nous voyons régner dans tout le cours de sa Passion la risée parmi les douleurs, et l'aigreur de la moquerie dans le dernier emportement de la cruauté.
Il le fallait de la sorte, il fallait que mon Sauveur « fût rassasié d'opprobres, » comme avait prédit le prophète ('*) ; afin d'expier et de condamner par ses saintes confusions, d'un côté ces moqueries outrageuses, de l'autre ces délicatesses et ce point d'honneur qui fait toutes les querelles. Chrétiens, osez-vous vous abandonner à cet esprit de dérision qui a été si outrageux contre Jésus-Christ ? Qu'est-ce que la dérision, sinon le triomphe de l'orgueil, le règne de l'impudence, la nourriture du mépris, la mort de la société raisonnable,la honte de la modestie et de la vertu ? Ne. voyez-
a. Jerem.^ Thren., m, 30.