Var. jusqu'à un degré très intime
2. Var. de lui. — Note marginale (ajoutée après la rédaction définitive de la fin de la phrase) : «Tout ce qui est indigne de Dieu est utile pour mon salut : Quidquid Deo indignum est, 7nihi expedit : et par là il devient digne de Dieu, quia nihil iam digniim Deo quam sahis ho?ninis (TertulL, de Carn. Christ., n. 5 ; Advers. Marciofi , II, 27).
3. Surcharges multiples, et très confuses. Celle qui nous paraît avoir été écrite la dernière se lit en marge de la p. 3 (f. 253). — Var. Il garde — conserve — demeure ce qu'il est, et il nous le donne ; il exerce sa munificence et conserve sa dignité : Et nostra suscipiendo... (p. 4). — Autre var. Par là il témoigne son amour et conserve sa dignité : Et 7tostra suscipiendo... (p. 4). — Première rédaction (p. 3.) : « ...parce que, comme dit le grand saint Léon, en prenant la nature humaine, il élève ce qu'il prend et ne perd point ce qu'il communique : » Et nostra suscipiendo provehit, et sua comjnunica}ido ?ion perdit.
4. Ce paragraphe, sauf les trois premiers mots, est une addition marginale, seulement esquissée.
28o POUR LE JOUR DE NOËL.
cidit, inde dejecit i^\ Etant donc abattu par son propre orgueil, il nous a entraînés, en nous renversant, dans le même sentiment dont il est poussé. Superbes, aussi bien que lui. [Nous] égaler à Dieu avec lui, etc.
L'homme par son orgueil a voulu se faire Dieu, et pour guérir cet orgueil. Dieu a voulu se faire homme. Saint Augustin définit l'orgueil une perverse imitation de la nature divine i^). Des choses où il est permis d'imiter Dieu ('). Il est vrai qu'il est excité à jalousie, lorsque l'homme se veut faire Dieu et entreprend de lui ressembler ; mais il ne s'offense pas de toute sorte de ressemblance; au contraire il y a de ses attributs dans lesquels il nous commande de l'imiter. Considérez sa miséricorde, dont le Psalmiste a écrit «qu'elle surpasse ses autres ouvrages (^) : » il nous est ordonné de nous conformer à cet admirable modèle : Estote miséricordes, sicut\et Pater vester niisericors esf\ (^). Dieu est patient sur les pécheurs ; et, les invitant à se convertir, il fait luire en attendant son soleil sur eux et prolonge le temps de leur pénitence : il veut que nous nous montrions ses enfants en imitant cette patience à l'égard de nos ennemis : Ut sitis filii Patris vestri (^). Il est saint ; et encore que sa sainteté semble être entièrement incommunicable, il ne se fâche pas néanmoins que nous osions porter nos prétentions jusqu'à l'honneur de lui ressembler dans ce merveilleux attribut ; au cont[raire] il nous le commande : Sancti estote, [çuia ego sanctus S2im~\ (f). Ainsi vous pouvez le suivre dans sa vérité, dans sa fidélité et dans sa justice. Quelle est donc cette ressemblance qui lui cause de la jalousie ? C'est que nous lui voulons ressembler dans l'honneur de l'indépendance, en prenant notre volonté pour loi souveraine, comme lui-même n'a point d'autre loi que sa volonté absolue. C'est là le point délicat ; c'est là qu'il se montre jaloux de ses droits et repousse avec violence tous ceux qui veulent ainsi attenter à la majesté de son empire. Soyons des dieux, il nous le per-
a. s. Aug., Serm, CLXIV, n. 8. — b. De Civit. Dei^ lib. XIX, cap. xil. -^ c. Ps., CXLiv, 9. — d. Luc, VI, 36. — e. Matth.^ v, 45. — /. Levit., xi, 44.
I. Cf. le sermon sur VA?inondation, dans le Carême des Carmélites (t. III, p. 621).
rOUR LE JOUR DE NOËL. 28 I
met, par rimitation de sa sainteté, de sa justice, de sa vérité, [de sa] patience, de sa miséricorde toujours bienfaisante. Quand il s'agira de puissance, tenons-nous dans les bornes d'une créature et ne portons pas nos désirs à une ressemblance si dangereuse.
Voilà, mes sœurs, la règle immuable que nous devions suivre pour imiter Dieu. Mais,ô voies corrompues des enfants d'Adam ! ô étrange corruption du cœur humain ! nous renversons tout l'ordre de Dieu. Nous ne voulons pas l'imiter dans les choses où il se propose pour modèle, nous entreprenons de le contrefaire dans celles oii il veut être unique et inimitable, et que nous ne pouvons prétendre sans rébellion. C'est sur (') cette souveraine indépendance que nous osons attenter ; c'est ce droit sacré et inviolable que nous affectons par une audace insensée. Car comme Dieu n'a rien au-dessus de lui qui le règle et qui le gouverne, nous voulons être aussi les arbitres souverains de notre conduite ; afin qu'en secouant le joug, en rompant les rênes, en rejetant (^) le frein du commandement qui retient notre liberté égarée, nous ne relevions point d'une autre puissance et soyons comme des dieux sur la terre. Et n'est-ce pas ce que Dieu lui-même reproche aux superbes, sous l'image du roi de Tyr ? Ton cœur, dit-[il], s'est élevé, et tu as dit : Je suis un dieu, et « tu as mis ton cœur comme le cœur d'un Dieu : » Dedisti cor tuîim quasi cor Dei {^). Tu n'as voulu ni de règle ni de dépendance. Tu as marché sans mesure, et tu as livré ton cœur emporté à tes passions indomptées. Tu as aimé, tu as haï, selon que te poussaient tes désirs injustes, et tu as fait un funeste usage de ta liberté par une superbe transgression de toutes les lois. Ainsi notre orgueil aveugle, nous remplissant de nous-mêmes, nous érige en de petits dieux. Eh bien ! ô superbe, ô petit dieu, voici le grand Dieu vivant qui s'abaisse pour te confondre. L'homme se fait Dieu par orgueil, et Dieu se fait homme par condescendance. L'homme s'attribue faussement la grandeur de Dieu, et Dieu prend
a. Ezech.^ xxviii, 2.