‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 281 sur 573 · Édit. guéri (1664 et var. en · texte numérisé non relu

Édit. guéri (1664 et var. en

médicinale ne nous est pas moins nécessaire pour conserver persévéramment que pour recouvrer la justice ; et si le médecin qui nous a traités nous abandonne un moment, la rechute est inévitable : Et fiunt novissima SJio^ninis illius pejora prioribus] («).

C'est ici qu'il nous faut entendre les faiblesses, les blessures, les captivités de notre nature vaincue ; et nous verrons, chrétiens, que le péché nous séduit par tant d'artifices, nous gagne par tant d'attraits, nous pénètre pour ainsi dire (') par tant d'avenues, qu'il faut une prévoyance infinie, et une puissance sans bornes, et un soutien sans relâche, pour nous sauver de ses pièges et de ses embûches (^). Et au dedans et au dehors, tout concourt à établir son empire. Et premièrement au dehors, tout ce qui est autour de nous nous est une occasion de péché, tant nous sommes dépravés et corrompus ! Ce qui est plaisant nous captive, ce qui est choquant nous aigrit. Notre bonne fortune nous rend emportés (''), celle du prochain nous rend envieux (^) ; ses malheurs font naître en nous (5) un mépris injuste, les nôtres un lâche abattement (^). Pour les amis, nous sommes flatteurs ; pour les ennemis, implacables (j) ; pour les indifférents, durs et dédaigneux ; par conséquent injustes pour tous. Nous corrompons toutes choses : l'amitié par la complaisance ou (^) par les cabales, la société par les fraudes, les lois mêmes et les jugements par les partialités et par l'intérêt. Ainsi autant (^) d'objets différents qui nous environnent, autant de pierres de scandales, autant d'occasions de dérèglements. Et pour le dedans, ô Dieu ! quel désordre ! Premièrement pour les connaissances, ou l'ignorance nous les ôte ('°), ou la

a. Matth., XI l, 45. — M s. Ei erunt novissima.

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