Var. l'inconsidération
6. Var. d'erreurs. — Passions venait plus loin, à la place àHllusions. y. Fin de la lacune, dans des éditions.
Ajoutons (') encore à toutes ces plaies celles que nous recevons par nos habitudes vicieuses : car (^) on ne sort pas de ce labyrinthe aussi facilement qu'on s'y engage. La volonté se fixe (') elle-même par son propre mouvement, et se donne un certain penchant dont il est presque impossible qu'elle revienne. Elle (^) s'enveloppe elle-même dans son propre ouvrage comme un ver à soie ; et si les lacets dont elle s'entoure semblent de soie par leur agrément, ils ne lais sent pas toutefois de surmonter le fer par leur dureté (^). ... Va (^), tu périras misérablement, et ta perte sera signalée par un infâme naufrage.
Par conséquent, chrétiens, soyons sobres et vigilants ;
1. Ici les remaniements successifs, qui se compliqueront tout à l'heure d'une lacune, vont devenir presque inextricables. Nous donnons ce qui subsiste de la rédaction de 1668, renvoyant en note les passages dès lors retranchés. — Un trait marginal, à la sanguine, semble indiquer l'intention de supprimer tout ce passage ; mais il a dû être apposé plus tard, si on en juge d'après l'analogie avec quelques autres, qui sont du i""^ janvier 1669. Un signe marginal, fort équivoque, paraît pouvoir se lire : Nota (p. suivante).
2. Addition marginale, avec un raccord, qui nous reporte à la suite de ce qui est souligné, c'est-à-dire effacé. Voj^. note suivante.
3. E(ïï/. La volonté humaine, il est vrai, est naturellement indéterminée; mais il n'est pas moins assuré qu'elle a aussi cela de naturel qu'elle se fixe... — Effacé (souligné).
4. Edif. Ainsi par sa liberté naturelle elle est maîtresse de ses objets, qu'elle peut prendre ou rejeter comm.e il lui plaît; mais autant qu'elle est maîtresse de ses objets, autant est-elle capable de se lier par ses actes. — Supprimé.
5. Passage retranché, pour abréger, dès la première rédaction : « Non, elle ne peut pas si facilement percer la prison qu'elle se fait, ni rompre les entraves dont elle se lie. Et ne me dites pas ici que puisque vos engagements sont si volontaires, la même volonté qui les fait les pourra facilement dénouer. Au contraire c'est ce qui fait la difficuité,de ce que la même volonté qui s'est engagée est aussi obligée de se dégager (TA^r.de ce que c'est elle qui les fait et qui les veut faire, et elle-même...); c'est elle qui fait les liens et qui les veut faire, et elle-même qu'il faut employer pour les dénouer ; elle-même qui doit tout ensemble soutenir le choc et livrer l'assaut. (AW^ margi)iale: Il faut que le secours vienne de dehors.) Qui ne voit donc manifestement que, s'il ne lui vient du dehors quelque force et quelque secours, elle combattra en vain,et ne fera que s'épuiser par des efforts inutiles ?car, comme dit saint Ambroise {Apolog. II David, cap. m, n. 12], « on n'est pas longtemps fort et vigoureux, » quand c'est soi-même [qu'il faut combattre]. — La suite (p. vu et p. viii) manque aujourd'hui. Deforis avertit qu'il va combler de son mieux la lacune. Il s'y évertue, avec force citations de saint Ambroise : mais elles sont tirées d'autres ouvrages de ce saint docteur. Il n'avait pu tout d'abord trouver la référence, que Bossuet n'avait pas indiquée...
6. Bossuet a écrit en haut de cette page (p. ix), et dès 1668, je crois, le mot i. Enfer, » sorte de titre ou de résumé, comme nous en avons rencontré déjà,
marchons avec crainte et circonspection. Méditons ces paroles de Tertullien : Hos inter scopulos, has inter tempestatcs fides navigat tut a, si sollicita ; secura, si attonita ('') : « Parmi tant d'orages, parmi tant d'écueils, la foi sera ferme si elle est craintive ; et naviguera (') sûrement, si elle marche toujours tremblante et étonnée de ses périls. » Et c'est après les bienfaits, c'est après les grâces et les indulgences (^) que la crainte doit être plus grande. Car la vengeance suit de près l'ingratitude ; et rien n'irrite tant la bonté ('') que le mépris qu'on en fait. C'est pourquoi le Saint-Esprit, ayant représenté aux Galates, par la bouche de l'Apôtre, les immenses bontés de Dieu, leur adresse ces paroles : Nolite errare : Deus non irridetur {^) : « Ne vous y trompez pas : on ne se moque pas de Dieu. » Non, non, ne vous trompez pas par cette fausse idée que vous concevez des miséricordes divines. Cette bonté de Dieu, que vous vantez tant, et que vous faites l'appui de vos crimes, n'est pas une bonté insensible et déraisonnable, sous laquelle les pécheurs vivent à leur aise. C'est une bonté vigoureuse et juste. Dieu est bon, parce qu'il est ennemi du mal, et il exerce l'amour qu'il a pour le bien par la haine qu'il a pour le crime. Sa justice est lente, mais non endormie : ne vous persuadez pas qu'il prétende {^) flatter par sa patience l'espérance de l'impunité ; autrement vous nous (^) feriez, non un Dieu vivant, mais une idole muette et insensible, un Dieu bon jusqu'au mépris, et indulgent jusqu'à la faiblesse. Nolite errare : il n'en est pas de la sorte ; on ne se moque pas de lui. Et qui sont ceux qui s'en moquent, sinon ceux qui abusent de ses bontés ; qui croient qu'on leur donne le temps de pécher, parce qu'on leur en donne pour se repentir ; qui font un jeu sacrilège de ses sacrements, du ministère des clefs, et des indulgences de sa sainte Eglise ; qui tournent
a. De Idolol.^ n. 24. — b. Galat.^ VI, 7.
1. Ms. 7iaidgera. — Nous avons dit {Tnirodîiction du t. l^\ p. XLUi) que Bossuet avait accepté la décision de Vaupjelas, préférant 7iaviger à naviguer. — Var. marchera.
2. Var, C'est après les bienfaits, c'est après les indulgences, c'est après les grâces...