‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 301 sur 573 · SECOND POINT. (FRAGMENTS · texte numérisé non relu

SECOND POINT. (FRAGMENTS

... [Ici (■*) elle sera touchée dans son fond le plus intime, dans sa partie la plus délicate et la plus sensible ; toute hors d'elle, toute à elle-même ; possédant celui qui la possède : la raison toujours attentive et toujours contente.]

La plénitude ; rien ne manque. Le comble y est, la dernière main.

Qui ne désire pas ? qui ne gémit pas ? qui ne soupire pas dans cette vie ? Toute la nature est dans l'indigence. Gloire, puissance, richesse, abondance, noms superbes et magnifiques ; choses vaines et stériles. Les biens que le monde donne accoisent (^) certains désirs et en poussent d'autres : semblables à ces viandes creuses et légères qui, pour n'avoir que du vent et non du suc ni de la substance, enflent et ne nourrissent pas, et amusent la faim plutôt qu'elles ne la contentent. Les grandes fortunes ont des besoins que les médiocres ne connaissent pas. Cette avidité de nouveaux plaisirs, de nouvelles inventions, marque de la pauvreté intérieure de l'âme. L'ambition compte pour rien tout ce qu'elle tient. Ne vous laissez pas éblouir à ces apparences : ce qui est richement couvert par le dehors n'est pas toujours rempli au dedans, et souvent ce qui semble regorger est vide.

Voulez-vous entendre la plénitude de la joie des saints : Alléluia, Amen. « Louange à Dieu. » Il[s] ne prie[nt] plus, il[s] ne gémi[ssen]t plus : In pair iâ nullus orandi locus, sed tantîim laudandi ; quia nihil deest : quod hic creditur, ibi

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