‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 307 sur 573 · Addition marginale. De même, la phrase suivante · texte numérisé non relu

Addition marginale. De même, la phrase suivante

3. Var. Mais elle ne soufifre pas même... — É(ù'/. Mais il y... (La majuscule du pronom indique le commencement de la phrase.)

Sermons de Bossuet. — V. 2^

si l'on ne s'efforce pour monter toujours, la pente nous emporte et notre propre poids nous précipite. Tellement que, dans la voie du salut, si Ton ne court, on retombe ; si on languit, on meurt bientôt ; si on ne fait tout, on ne fait rien ; enfin marcher lentement, c'est rendre la chute infaillible 0).

coûtez donc l'Evangile: Contendite (^\ « Efforcez-vous. » En quelque état, contendite. Si pour avancer à la perfection, combien plus pour sortir du crime ? Marchez par la voie des saints. Ils ne sont pas tous au même degré, mais tous le même Évangile. « Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père (^'), » mais il n'y a qu'une même voie pour y parvenir, qui est la voie de la croix, c'est-à-dire la

a. Luc, XIII, 24. — b. Joa7i.^ XIV, 2.

I. Ces quatre derniers mots paraissent avoir été écrits plus tard. La première rédaction effacée, portait : « c'est retourner en arrière. » C'est aussi ce qu'on lit dans une feuille de notes, annexée au sermon. Les éditeurs en tirent une longue interpolation, qu'ils placent ici, sans que le moindre renvoi les y autorise : « Ne menez pas une vie moitié sainte... » C'est un document à donner en note ; rien de plus.

Voici d'abord le début de la page. Il fait si manifestement double emploi avec ce qu'on a lu dans le texte, que Deforis a renoncé à l'y insérer : <L Nouvelle espèce de fuite. Car dans la voie du salut, si l'on ne court, on retombe ; si on languit, on meurt bientôt ; si on ne fait tout, on ne fait rien ; enfin marcher lentement, c'est retourner en arrière. — La pente et votre propre poids vous précipite[nt]. »

Ici le passage qu'on a introduit dans le sermon : « Ne menez pas une vie moitié sainte et moitié profane, moitié chrétienne et moitié mondaine ; ou plutôt toute mondaine et toute profane, parce qu'elle n'est qu'à demi chrétienne et à demi sainte. Que je vois dans le monde de ces vies mêlées ! On fait profession de piété, et on aime encore les pompes du monde. On est des œuvres de charité, et on abandonne son cœur à l'ambition. <L La loi est déchirée, et le jugement ne vient pas à sa perfection : » Lacerata est lex^ et ?ion pervertit ad finejn jîidicium (Habac, l, 4). La loi est déchirée : l'Évangile, le christianisme n'est en nos mœurs qu'à demi ; et nous cousons à cette pourpre royale un vieux lambeau de mondanité. Nous réformons quelque chose dans notre vie, nous condamnons le monde dans une partie de sa cause ; et il devait la perdre en tout point, parce qu'il n'y en a jamais eu de plus déplorée. Ce peu que nous lui laissons marque la pente du cœur. »

Le manuscrit se continue par cette phrase, déjà rencontrée, avec quelques variantes au commencement du troisième point : « Pour être chrétien, il faut sentir qu'on est voyageur ; et celui-là ne le connaît point, qui ne soupire pas après sa patrie : Qui no?i gémit peregrinus, non gaudebit civis : « Celui qui ne gémit pas comme voyageur, ne se réjouira pas comme citoyen : il ne sera jamais habitant du ciel, parce qu'il a voulu l'être de la terre ; et s'arrêtant où il faut marcher, il n'arrivera pas où il faut parvenir. >

voie de la pénitence. Si cependant Dieu vous frappe, etc., ne vous laissez pas abattre. Il vous corrige, il vous châtie; ce n'est pas là ce qu'il faut craindre. « Ne craignez pas que votre Père vous châtie (') : craignez qu'il ne vous déshérite (''). » En perdant votre héritage, vous perdrez tout ; car vous le perdrez lui-même. Et ne vous plaignez pas qu'il vous refuse tant de biens qu'il accorde aux autres. Si vous voulez qu'il vous exauce toujours, ne lui demandez rien de médiocre, rien moins que lui-même. A magtio parva (^) ! Son trône, sa gloire, sa vérité, etc.

a. s. Aug., hi Ps. LXXXVHI. — b. S. Greg. Naz., Epist. G (Nunc cxvii), 6.

I. Ms. ne vous châtie. (Distraction.) — Le latin en marge : Ne timeas fiagellari^ sed exheredari. — Et ces mots de l'Evangile : Nolite timere^ ptisilltis grex (Luc, xn, 32).

PANEGYRIQUE de SAINT ANDRE('),

AUX GRANDES CARMELITES,

le 30 novembre 1668. H

Avant de continuer à Saint-Thomas du Louvre la station commencée le i^^ novembre, Bossuet prêcha dans la chapelle des Carmélites de la rue Saint-Jacques son célèbre panégyrique de samt André. Ledieu, parlant des discours entendus par cette communauté, le mentionne en ces termes : « Le sermon du plus grand éclat fut celui de la Vocation, qu'il y prononça nn vendredi, fête de saint André, en 1668, pour confirmer le vicomte de Turenne dans sa réunion à l'Eglise, faite le 28 d'octobre précédent... Le P. Des Mares, célèbre prédicateur de l'Oratoire, fut présent..., avec des personnes distinguées par un semblable mérite ; les parents et les amis du vicomte et peu d'autres auditeurs (-). Ce fut un sermon d'ujie exquise beaîite', disent les Carmélites dans leur Mé7noire. Et, quand on en a parlé au prédicateur, il en est convenu de bonne foi, se ressouvenant encore des plus beaux endroits, qu'il était prêt à réciter. L'effet en fut tel que M. de Turenne suivit cet abbé dans son Avent de Saint-Thomas du Louvre de la même année (3)... »

Il est bien regrettable que Bossuet n'ait pas publié lui-même ce « sermon d'une exquise beauté. » S'il était resté tout entier dans sa mémoire, il n'était qu'en partie dans ses manuscrits. Il s'était borné en effet à une large esquisse, qu'il s'était réservé d'achever en chaire. Deforis crut bien faire de la compléter à sa façon. Malheureusement l'original a échappé jusqu'ici à toutes nos recherches. Il y a trente-six ans (1856), il passa sous les yeux de M. Vallery-Radot, de la Bibliothèque du Louvre. L'étude qu'il en fit lui inspira un article qu'il fit paraître dans le Constitntioyinel^ et que reproduisit L Univers du 8 mars 1856. Cet article if) n'est guère rassurant sur la valeur du texte imprimé. Un bon tiers du discours, en somme, serait l'œuvre des bénédictins. « Ils y ont inséré non seulement des phrases, mais des paragraphes entiers et très longs, et plusieurs de suite. » Les éditeurs modernes, d'ordinaire, enregistrent ces affir-

1. Nous n'avons pu retrouver le manuscrit, qui doit exister encore.

2. Ce n'était pas un jour de grande solennité ; et du reste la chapelle n'était pas très spacieuse.

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