PANÉGYRIQUE DE SAINT ANDRÉ
mations inquiétantes. Ils auraient dû tenir compte du correctif important qui se lisait un peu plus loin : « Du reste, la plupart des pages ajoutées ont leur germ.e dans la minute. Quelques indications laissées par Bossuet, quelques mots jetés sur la marge, en ont fourni les éléments. D'une petite note, on a fait un grand paragraphe, qui paraît languissant et pâle, quand on le compare à la note. » Le début du troisième point est allégué comme exemple, et nous ferons voir en effet à cet endroit combien la différence est saisissante.
M. Gazier, dans son édition critique, reproduit le texte de l'édition Lâchât. C'est celui de Deforis ; car, chose étonnante ! en dépit des assertions réitérées dans lesquelles M. Lâchât nous promettait de faire son profit des remarques du « savant auteur ('), » pas un mot des corrections nécessaires signalées par M. Vallery-Radot n'est entré dans son texte. D'autres éditeurs ne les ont pas négligées : nous voulons parler de l'édition donnée chez Guérin (1870) par des ecclésiastiques anonymes, et de l'édition un peu plus personnelle que l'abbé Guillaume a fait paraître à Lyon, chez Briday, en 1877. Ces corrections ne suffisent pas à éliminer du discours tout ce qu'il contient de suspect. Mais on sent le péril qu'il y aurait à opérer des suppressions par conjecture. Lors même que les notes marginales auraient été introduites dans l'œuvre sans autre interpolation, il aurait pu en résulter ce manque de suite, dont l'esprit est choqué en plusieurs endroits.
Venite (^) post ine^ el faciam vos Jieri piscatores hominuvi.
Venez après moi, et je vous ferai devenir des pêcheurs d'hommes.
{Matth.^ IV, 19.)
PREMIER POINT
J' ES US va commencer ses conquêtes. Il a déjà prêché son Evangile ; déjà les troupes se pressent pour écouter sa parole. Personne ne s'est encore attaché à lui, et parmi tant d'écoutants il n'a pas encore gagné un seul disciple.