I. Var. et la confiance inébranlable
de la vérité, faisaient voir, dans l'extrémité de l'oppression, la victoire très assurée de la bonne cause.
Voilà ce que fait voir la vocation des pêcheurs : elle montre que l'Église est un édifice tiré du néant, une création, l'œuvre d'une main toute-puissante. Voyez la structure, rien de plus grand : le fondement, c'est le néant même : Vocat ca quœ non sunt (^). Si le néant y paraît, c'est donc une véritable création : on y voit quelques parties brutes, pour montrer ce que l'art a opéré. Si c'est Dieu, bâtissons dessus, ne craignons pas. Laissons-nous prendre ; et tant de fois pris par les vanités, laissons-nous prendre une fois à ces pêcheurs d'hommes et aux filets de l'Evangile, «qui ne tuent point ce qu'ils prennent, mais qui le conservent ; qui font passer à la lumière ceux qu'ils tirent du fond de l'abîme, et transportent de la terre au ciel ceux qui s'agitent dans cette fange : » Apostolica instrumenta pisca7idi retia sunt, quœ no7i captos periniiint, sed reservant ; et de profundo ad lumen extrahunt, fluctuantes de infnnis ad superna tradiicunt (^).
Laissons-nous tirer de cette mer, dont la face est toujours changeante, qui cède à tout vent, et qui est toujours agitée de quelque tempête. Ecoutez ce grand bruit du monde, ce tumulte, ce trouble éternel; voyez ce mouvement, cette agitation, ces flots vainement émus qui crèvent tout à coup ('), et ne laissent que de l'écume. Ces ondes impétueuses qui se roulent les unes contre les autres, qui s'entre choquent avec grand éclat ('),et s'effacent mutuellement, sont une vive image du monde et des passions, qui causent toutes les agitations de la vie humaine ; « où les hommes, comme des pioissons, se dévorent mutuellement : » Ubi se inviceni hojtines quasi pisces dévorant (^). Voyez encore ces grands poissons, ces monstres marins, qui fendent les eaux avec tumulte : il ne reste à la ^\\ aucun vestige de leur passage. Ainsi passent dans le monde ces grandes puissances, qui font si grand bruit, qui paraissent avec tant d'ostentation. Ont-elles passé,
a. Rom.^iY^ 17. — b. S. Ambr., /;/ Luc.^ lib. IV, n. 72. — c. S. Aug., Serm. CCLH, n. 2.