‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 389 sur 573 · Var. délivrés · texte numérisé non relu

Var. délivrés

4. Var. rétablis dans leur honneur. (Texte de l'édition Lâchât.) — Ici venait d'abord une phrase, qui sera reportée plus loin : « Dieu frappe son Fils innocent pour l'amour des hommes coupables, et pardonne aux hommes coupables pour l'amour de son Fils innocent. »

mes frères, ce grand conseil de la sagesse de Dieu, conseil profond, conseil inconnu aux plus hautes puissances du ciel, que le Père, dit ce saint martyr, n'avait communiqué (') qu'à son Fils, ajoutons, et à l'Esprit éternel qui procède de l'un et de l'autre ; conseil qui s'est découvert dans les derniers temps, et qui a fait dire à l'Apôtre que « la sagesse de Dieu a été manifestée par l'Eglise aux célestes intelligences (''). » Oui, les anges sont étonnés de ce secret admirable, de cet échange incompréhensible, qui fait que Dieu en même temps se venge (^) et s'apaise, exige et remet, punit nos péchés et les oublie, frappe son Fils innocent pour l'amour des hommes coupables et pardonne aux hommes coupables pour l'amour de son Fils innocent. Mais nous que cette grâce regarde, nous ne devons pas seulement l'admirer avec les anges ; plutôt nous devons penser à quoi elle nous oblige envers notre aimable Sauveur ; et je vous prie, chrétiens, de vous y rendre attentifs.

Je ne puis mieux, ce semble, vous représenter cette obligation que par l'exemple d'un criminel à qui le prince accorde sa grâce. Regarde (^), chrétien, ce criminel, qui, enfermé dans une prison (^), n'attend plus que la dernière heure {^), qui ne sait s'il est vivant ou mourant, et « ne croit point à sa propre vie, » comme dit l'Écriture sainte {^) ; ou (^) bien s'étant échappé, il se fie à peine {^) à soi-même ; fugitif, errant, vagabond, il croit que tout ce qui luit le décèle, que tout ce qui parle l'accuse, que tout ce qui remue machine sa perte : au milieu de cet effroi et de ces alarmes, pendant

a. Ephes.^ m, lo. — b. Deuter.^ xxvni^ 66.

1. Bossuet allait supprimer ces mots, qui paraissaient refuser au Saint-Esprit l'e'galité absolue avec le Père et le Fils. Au lieu de les retrancher, il les corrige en les complétant.

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