Var, de
2. Var. dure. — Édit. sa cruelle, dure et insupportable tyrannie. — Atctre var. de sa tyrannie.
3. Des chiffres, au crayon, indiquent l'intention de renvoyer ces deux phrases, après les trois citations latines.
4. Bossuet, pour prouver que ce verbe est au présent, note le grec : àp/sxat.
pas la consommation des siècles. « Les morts entendront la voix du Fils de Dieu ; » c'est ce qu'il a dit auparavant : « Celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m'a , envoyé, transiet de morte ad vitam (le grec (') : Transivit). Mais voici encore une autre parole : « L'heure vient ; » il ne dit plus : Elle est déjà ; « que tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix, et ceux qui auront bien fait sortiront pour ressusciter à la vie, et ceux qui auront mal fait sortiront pour ressusciter à leur (^) condamnation (''). » Voilà donc deux paroles adressées aux morts, parce qu'il y a deux sortes de morts ; [ou] (3) plutôt il y a deux parties en l'homme, et toutes deux ont leur mort. « L'âme, dit saint Augustin (^), est la vie du corps, et Dieu est la vie de l'âme : » ainsi, comme le corps meurt quand il perd son âme, l'esprit meurt quand il perd son Dieu. Cette mort ne nous touche pas, parce qu'elle n'est pas sensible ; et toutefois, chrétiens, si nous savions pénétrer les choses, cette mort de nos corps, qui nous paraît si cruelle, suffirait pour nous faire entendre combien celle du péché (^) est plus redoutable. Car si c'est un si grand malheur que le corps ait perdu son âme, combien plus que l'âme ait perdu son Dieu. Et si nos sens sont saisis d'horreur en voyant ce corps froid et insensible abattu par terre, sans force et sans mouvement, combien est-il plus horrible de contempler l'âme raisonnable, cadavre spirituel et tombeau vivant d'elle-même, qui, étant séparée de Dieu par le péché, n'a plus de vie ni de sentiment que pour rendre sa mort éternelle ? C'est donc à ces morts spirituels, c'est aux âmes pécheresses que Jésus-Christ adresse sa voix pour les appeler à la pénitence: Venit kora, etmmc est : « L'heure vient, et elle est déjà. »
a. Joan.^ v, 28, 29. — b. Serin. CCLXXiii, n. i.
1. Le latin aussi : Tra?isnt a morte ad vitam (Joan., v, 24). La Bible de Vatable, dont Bossuet se servait, note que c'est le pre'térit pour le futur.
2. Var. pour ressusciter à vie..., pour ressusciter à jugement. — Essai de traduction litte'rale à l'excès ; l'auteur y renonce avec raison.
3. Mot effacé ; Bossuet l'oublie en récrivant tout le passage sur la page suivante.
4. Lâchai: combien le péché. — C'est la première rédaction. Mais il y a une surcharge au crayon, que cet éditeur n'a pas aperçue. Deforis cependant la donnait.
Que si vous me demandez d'où vient qu'il adresse encore à la fin des siècles une seconde parole aux morts qui sont gisants et ensevelis dans les tombeaux, je vous le dirai en un mot, parce que la chose est assez connue. L'âme a péché par le ministère et même en quelque sorte par l'instigation du corps; et c'est pourquoi il est juste qu'elle soit punie avec son complice. L'âme s'est aussi servie dans les bonnes œuvres du ministère du corps, qu'elle a pris soin de dompter, afin, comme dit l'Apôtre ("), que la justice de Dieu s'assujettît à elle-même nos membres, et leur fît (') porter le joug honorable de Jésus-Christ et de l'Evangile. Ainsi ce corps, qui a eu sa part aux travaux, doit être aussi appelé comme un compagnon fidèle à la société de la gloire.
Ou si vous vouliez que je vous apporte une raison plus sublime et plus digne encore de la majesté du Sauveur, il était juste que le Fils de Dieu ayant pris un corps aussi bien qu'une âme, et ayant uni l'homme tout entier à sa divine personne, il fît sentir sa puissance au corps et à l'âme, et qu'il soumît l'homme tout entier à l'autorité de son tribunal. C'est pourquoi, après avoir parlé aux morts spirituels pour ressusciter leurs âmes, il parle à la fin des siècles aux morts gisants dans les sépulcres, pour les en faire sortir et leur rendre la vie (^) : Et qui audierint, vivent.
Quand donc cette heure dernière sera arrivée, à laquelle Dieu a résolu de réveiller les élus de leur sommeil, une voix sortira dû trône et de la propre bouche du Fils de Dieu, qui ordonnera aux morts de revivre : « Os arides, os desséchés, écoutez la parole du Seigneur : » Ossa a7Hda, audite verbum Domini (^). Au son de cette voix toute-puissante qui se fera entendre en un moment de l'orient jusqu'à l'occident, et du septentrion jusqu'au (f) midi, les corps gisants, les os desséchés, la cendre et la poussière froide et insensible, seront ému[s] dans le creux de leurs tombeaux ; toute la nature commencera à se remuer; et la mer, et la terre, et les abîmes
a. Rom.^ VI, 19. — b. Ezech.^ xxxvii, 4.