Correction, au lieu de \jiisqties au midi
se prépareront à rendre leurs morts, qu'on croyait qu'ils eussent engloutis comme leur proie, mais qu'ils avaient seulement reçus comme un dépôt pour le remettre fidèlement au premier ordre. Car, mes frères, ce Jésus « qui aime les siens, et les aime jusqu'à la fin (''), » prendra soin de ramasser de toutes les parties du monde leurs restes toujours précieux devant lui. Ne vous étonnez pas d'un si grand effet ; c'est de lui qu'il est écrit qu'il « porte tout l'univers par sa parole très efficace {^). » Toute la vaste étendue de la terre et les profondeurs des mers, et toute l'immensité du monde n'est qu'un point devant ses yeux. L'univers (') entier est sous sa main ; et lui, qui a bien su trouver nos corps dans le néant même d'où il les a tirés par sa parole, ne les laissera pas échapper à sa puissance au milieu de ses créatures. Car cette matière de nos corps n'est pas moins à lui pour avoir changé de nom et de forme. Ainsi il saura bien ramasser les restes dispersés de nos corps, qui lui sont toujours chers, parce qu'il les a une fois unis à une âme qui est son image, et qu'il a remplie de sa grâce (^). En quelque coin de l'univers que la loi des changements ait jeté ces restes précieux, et quand la violence de la mort les aurait poussés jusqu'au néant, Dieu ne les aurait pas perdu[s] pour cela : car « il appelle ce qui n'est pas avec la même facilité que ce qui est : » l^ocaé ea qicœ 7ton sunt, tanquam ea quœ sunt (^) ; et Tertullien a raison de dire que «le néant est à lui aussi bien que tout :» Ejiis est niJiihim ipstim^ cujus est totiun (^).
Ayant donc ainsi rétabli les corps de ses bien-aimés dans une intégrité parfaite, il les réunira à leurs âmes saintes, et ils deviendront vivants ; il bénira cette union, afin qu'elle ne puisse plus être rompue, et il les rendra immortels. 11 fera que cette union sera tellement intime que les corps participeront aux honneurs des âmes ; et par là nous les verrons
a. Joan.,y^l\\, \. — b. Hebr.^ i, 3. — c. Rom.^ iv, 17. — Ms. Vocans... — d. Apolo^., n. 48. — M-s. Ejtis est nihilum totum... (Lapsus.)
1. Edit. Il soutient de son doigt les fondements de la terre. — Phrase efface'e au crayon.
2. Edit. qu'il remplit de sa grâce. — Erreur de lecture. C'est une addition marginale, au crayon, difficilement lisible. Les éditeurs ont ici une ponctuation très fautive. Ils oublient et.
glorieux. Tels sont les magnifiques présents que Jésus- Christ fera en ce jour à ses élus par la puissance de sa parole. Il les fera sortir de leurs tombeaux pour leur donner la vie, l'immortalité et la gloire; et (') la mort ne sera plus; et toutes les marques de corruption seront abolies : Novissima inimica destruetur vioj^s. O puissance de Jésus-Christ ! ô mort glorieusement vaincue ! ô ruines du genre humain divinement réparées !
Mais, mes frères, avant que la mort soit anéantie, il faut que le péché soit détruit, parce que c'est par le péché que la mort a régné sur la terre. Souvenez-vous donc, mes frères, de ce que nous avons dit au comniencement, que Dieu n'a pas fait la mort. Au contraire, comme il a créé l'âme raisonnable pour habiter dans le corps humain, il avait voulu au commencement que leur union fût indissoluble; et c'est peutêtre un des sens qu'il faut donner à cette parole du Psalmiste: « Corptis aiitem aptasti mihi(f)\ « Vous m'avez approprié un corps : » de même que s'il eût dit au Créateur (^) : O Seigneur, vous avez fait mon âme d'une nature bien différente du corps : car après avoir formé ce corps avec de la boue, c'est-à-dire avec une terre détrempée, ce n'est plus ni de la terre, ni de l'eau, ni du mélange du sec et de l'humide, ni enfin d'aucune partie de la matière que vous avez tiré l'âme que vous avez mêlée dans cette masse pour la vivifier: c'est de vous-même, c'est de votre bouche que vous l'avez fait sortir ; vous avez « soufflé un souffle de vie (^), » et l'homme a été animé, non par l'arrangement des organes, non par la température des qualités, non par la distribution des esprits ('^), mais par un autre principe de vitalité, que Dieu a tiré de son propre sein, par une nouvelle création (^), toute différente de celle qui a tiré du néant et qui a formé
a. Ps.^ XXXIX, 7 ; plus exactement : Hebr.^ x, 5. — b. Gen.^ li, 7.