Var. par une opération
la matière. C'est pourquoi (') quand il veut former l'homme, il recommence un nouvel ordre de choses : une nouvelle création : Faciaums Jiomincni (f) : c'est un autre ouvrage, une autre manière, différente de tout ce qui précède ; rien encore qui lui soit semblable.
Que si cette théologie ne vous ennuie pas, j'ajouterai, chrétiens, que Dieu avait fait cette âme d'une nature immortelle. Car pour laisser à part les autres raisons qui nous montrent cette vérité, il suffit de considérer celle que nous apporte l'Ecriture sainte. C'est que Dieu l'a faite à son image, qu'elle est participante de la vie de Dieu ; elle vit en quelque façon comme lui, parce qu'elle vit de raison et d'intelligence, et que Dieu l'a rendue capable de l'aimer et de le connaître, comme lui-même s'aime et se connaît. C'est pourquoi étant faite à son image, et étant liée par son fond à son immortelle vérité, elle ne tient point son être de la matière, et n'est point assujettie à ses lois : de sorte qu'elle ne périt point, quelque changement qui arrive au-dessous d'elle, et ne peut plus retomber dans le néant, si ce n'est que Celui qui l'en a tirée, et qui, l'ayant faite à son image, l'attache à lui-même comme à son principe, lâche la main tout à coup, et la laisse aller dans cet abime.
Toutefois, comme elle est dans le dernier ordre des substances intelligentes, c'est en elle que se fera l'union entre les esprits et lescorps (^).Dieu les peut faire en divers degrés, c'est-à-dire plus ou moins parfaites ; et en descendant toujours on pourra enfin venir à quelqu'une qui sera si imparfaite, qu'elle se trouvera en quelque sorte aux confins des corps, et sera de nature à y être unie. Là, en descendant toujours par degrés du parfait à l'imparfait, on arrive nécessairement aux extrémités et comme aux confins (^) où le supérieur et l'inférieur se joignent et se touche[nt]. Car je crois qu'on peut entendre facilement que tout est disposé dans la nature comme par degrés, et que le premier principe donne l'être
a. Gen.^ I, 26.