Correctio7i inachevée : qu'il n'est pas tant
3. Idée indiquée en marge, à la suite de la citation de saint Ignace, martyr.
dans les sens, qui gagnent les hommes trop facilement dans une Qfrande santé.
Oue si l'attache à la santé même et à la vie est si vicieuse et si contraire à la dignité du christianisme, que dirai-je de la curiosité, de la vanité, de cette vivacité qu'on affecte tant sur le teint et sur le visage \ Faible et misérable créature, et vainement appelée à une beauté et à une gloire éternelle, vous ne sauriez sans regret voir tomber cette fleur d'un jour, ni passer cette couleur vive, ni cet air de jeunesse s'évanouir. Hélas ! vous en avez honte, comme si c'était un défaut. Vous voulez cacher vos années, et non seulement les cacher, mais résister à leur cours qui emporte tout, vous soutenir contre leur effort, et tromper par mille artifices (') leurs mains si subtiles qui ne cessent de vous enlever toujours quelque chose. Est-ce là cette gloire du corps de Jésus ? Une autre santé, une autre beauté, une autre vie ('). Hé! laissezvous dépouiller de ce fragile ornement qui ne fait que nourrir votre vanité, vous exposer à la tentation, vous environner de scandales. Quittez l'amour de ce corps trop chéri et trop soigné : car si vous persistez à le tant chérir, ô que la mort vous sera cruelle ! O que vainement vous soupirerez, disant avec ce roi des Amalécites : Siccine séparât amara mors {^) ? « Est-ce ainsi que la mort amère sépare de tout ?» Quel coup ! quel effort ! quelle violence !
Au contraire un homme de bien (3) n'a rien à perdre en ce jour. La mortification lui rend la mort familière. Le détachement du plaisir le désaccoutume du corps (f). Il a depuis
a. I Reg., XV, 32.
1. Ces .trois mots sont une addition marginale au crayon, de même que les trois derniers de la phrase. Les éditeurs les joignent, et lisent : « de vous enlever par mille artifices toujours quelque chose. » Nous croyons avoir rétabli la vraie leçon. Il s'agit non des artifices des ans, mais de ceux de la coquetterie
Pour réparer des ans l'irréparable outrage.