Addition ou note marginale
3. Ce beau développement est un lieu commun sur la mort du juste. Il s'est déjà rencontré plusieurs fois (1655, 1660, 1662, 1666). Bossuet va tout à l'heure se reporter à l'une de ces rédactions. Au lieu de prendre la plus récente (sermon sur V Etifant Prodigue^ 1666), il choisit l'oraison funèbre du P. Bourgoing. I^a raison de la préférence est probablement que ce discours avait été, comme celui-ci, destiné à l'église de l'Oratoire.
4. En face de cette phrase, le renvoi dont nous venons de parler. Il est ainsi énoncé : « Voy. P. Bourgoing^ 29. » — Cf t. IV, p. 320.
fort longtemps, ou dénoué, ou rompu les liens les plus délicats qui nous y attachent. Il ne s'afflige donc pas de quitter son corps ; il sait qu'il ne le perd pas. Il a appris de l'Apôtre ('*) que nous avons à faire un double voyage (') : car tant que nous sommes dans le corps, nous voyageons loin de Dieu ; et quand nous sommes avec Dieu, nous voyageons loin du corps. L'un et l'autre n'est qu'un voyage, et non une entière séparation, parce que nous passons dans le corps pour aller à Dieu, et que nous allons à Dieu dans l'espérance de retourner à nos corps. Ainsi lorsque nous vivons dans cette chair, nous ne devons pas nous y attacher comme si nous y devions demeurer toujours; et lorsqu'il en faut sortir, nous ne devons pas nous affliger comme si nous n'y devions jamais retourner. Par là étant délivrés des soins inquiets de la vie et des appréhensions de la mort, lorsque notre dernière heure approche, nous nous endormons en paix et en espérance. Car que crains-tu, âme chrétienne, dans les approches de la mort ? Crains- tu de perdre ton corps ? Mais que ta foi ne chancelle pas ; pourvu que tu le soumettes à l'Esprit de Dieu, cet Esprit tout-puissant te le rendra meilleur (^). Peut-être qu'en voyant tomber ta maison, tu appréhendes d'être sans retraite : mais écoute le divin Apôtre : « Nous savons, dit-il aux Corinthiens, nous ne sommes pas induits à le croire par des conjectures douteuses ; mais nous le savons très assurément et avec une entière certitude, que si cette maison de terre et de boue dans laquelle nous habitons, est détruite, nous avons une autre maison qui n'est pas bâtie de main d'homme, laquelle nous est préparée au ciel Q. » O conduite miséricordieuse de celui qui pourvoit à tous nos besoins ! « Il a dessein, dit excellemment saint Jean Chrysostome (''), de réparer la maison qu'il nous a donnée : pendant qu'il la détruit et qu'il la renverse pour la rebâtir toute neuve,
a. Il Cor., V, 6-8. — d. Ibid., i. — c. Homil. ht dict. Apost. de Dormientibus, etc.
1. Le latin en marge : ScierJes quoniam dum suinus in corpore peregrinamtir a Domino...; bojuDn vohmtatein habemus inagis peregn7iari a corpore^et p7œsenies esse ad Dominion.
2. Var. saura bien te le conserver pour l'éternité. — Prejnière rédactioji : lui rendra la vie.
il est nécessaire, que nous délogions. » Car que ferions-nous dans ce tumulte et dans cette poudre ? Et lui-même nous offre son palais, il nous y donne un appartement pour nous faire attendre en repos l'entière réparation de notre ancien édifice.
Tu n'ose[s] pas ('), chrétien, tu te défie[s] de tes œuvres ; songe donc à cette assurance.
I. Première rédaction : Ne craignons donc rien, mes frères ; songeons seule ment h, bien vivre, car tout est en sûreté pour le chrétien.
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1" novembre 1669.
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Bossuet étant allé à Meaux le 8 septembre 1669, pour prêcher une Vêtîire, ce fut à l'évèché même où il devait être installé treize ans plus tard qu'un courrier royal vint lui annoncer sa nomination à l'évèché de Condom {^'). Nous n'avons malheureusement pas le sermon prononcé à cette date solennelle de sa vie, dans l'abbaye cistercienne de Notre-Dame. On a vu dans un des volumes précédents que le discours intitulé par les éditeurs modernes : Sermon pour la Vêture de uiadenioiselle de la Vieiiville (appelée aussi mademoiselle de Vienne) est de quatorze ans plus ancien (3). Il nous faut donc ici passer sans transition du Carême à l'Avent de 1669.
Ce fut la dernière station fournie par Bossuet avant son sacre. On pourrait presque dire la dernière de sa vie; car il est douteux que ce nom convienne à sa prédication pastorale de l'époque de Meaux, même pour les années où il se fit entendre, comme en 1684, plusieurs dimanches de suite, dans Saint-Etienne, sa cathédrale.
L'Avent royal était annoncé pour la chapelle du Louvre. Comme en 1666, un deuil détermina la cour à s'éloigner quelque temps de la capitale. La veuve de Charles I^r^ Henriette-Marie de France, que Bossuet allait bientôt célébrer, était morte le 10 septembre. L'Avent de cette année fut donc prêché à Saint-Germain-en-Laye. Cette circonstance valut aux auditeurs deux chefs-d'œuvre de plus. Au Louvre, selon une remarque que nous avons déjà faite, il n'y avait pas de prédication aux solennités majeures. A Saint-Germain, il y eut sermon à la Toussaint et à Noël. Le dernier n'est représenté que par quelques notes. Celui de la Toussaint existe en entier.
Ce discours est un des plus importants de toute la collection. On nous pardonnera les explications détaillées que nous avons cru devoir donner en note, pour autoriser les corrections qui nous paraissaient nécessaires. Déjà M. Gazier, dans son Choix de Sermons...,