‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 470 sur 573 · Var. aujourd'hui · texte numérisé non relu

Var. aujourd'hui

menaces et ses jugements, que ceux qui dorment dans leurs péchés se réveillent et se convertissent ! C'est la grâce que je lui demande par les prières de la sainte Vierge. \^Ave.']

C'est une vérité constante que l'Écriture a établie et que l'expérience a justifiée, que la cause de tous les crimes et de tous les malheurs de la vie humaine, c'est le défaut d'attention et de vigilance. Si les justes tombent si souvent (') après une longue persévérance, c'est qu'ils s'endorment dans la vue de leurs bonnes œuvres. Ils pensent avoir vaincu tout à fait leurs mauvais désirs : la confiance qu'ils ont en ce calme fait qu'ils abandonnent le gouvernail, c'est-à-dire qu'ils perdent (^) l'attention à eux-mêmes et à la prière. Ainsi ils périssent misérablement ; et pour avoir cessé de veiller, ils perdent en un moment tout le fruit de tant de travaux. Mais si l'attention et la vigilance est si nécessaire aux justes, pour prévenir leur chute funeste, combien en ont besoin les pécheurs pour s'en relever, et pour réparer leurs ruines (^). C'est pourquoi de tous les préceptes que le Saint-Esprit a donnés aux hommes, il n'y en a aucun que le Fils de Dieu ait répété si souvent, que les saints apôtres [aient] inculqué avec plus de force, que celui (^) de veiller sans cesse. Toutes les épîtres, tous les évangiles, toutes les pages de l'Ecriture sont pleines de ces paroles : « Veillez, priez, prenez garde, soyez prêts à toutes les heures ; parce que vous ne savez pas à laquelle viendra le Seigneur [""). » En effet, faute de veiller à (5) notre salut et à notre conscience, notre ennemi qui n'est que trop vigilant, et nos passions qui ne sont que trop attentives à leurs objets, nous surprennent, nous emportent (^), nous mettent entièrement sous le joug, et traînent nos âmes

a. Maiih., xxiv, 42 ; xxv, [3 ; Marc.^ xill, 33 ; Luc.^ Xll, 40 ; XXI, 34 ; Rom.^ xni, 12 \Ephes.^M\, 18...

1. Var. perdent si souvent la grâce. — Les anciens éditeurs mettaient l'un et l'autre dans le texte. M. Gazier renvoie « si souvent » dans la variante.

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