‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 479 sur 573 · Var. un premier coup · texte numérisé non relu

Var. un premier coup

l'âL^''^;/^'^^'f'^^^ ^^""^ ^'^^^^^^ n'envoyant que des lumières douteuses, 1 ame n est plus éclairée...

Qu'iU^n? ^'-f^i ^"^ poussant un secret soupir : O piété...! - Première rédaction: qu lis ont quittée, et un secret soupir leur dit dans le cœur : O piété ' 0. Var. chasteté. — A?icien?ies édit. O piété ! ô chasteté !

moins quelque connaissance et quelque souvenir de Dieu. Buvez, buvez, ô pécheurs ! buvez jusqu'à la dernière goutte, et avalez tout jusqu'à la lie. Mais que trouveront-ils dans ce fond ? « Un breuvage d'assoupissement, dit le saint prophète, qui achève de les enivrer, jusqu'à les priver de tout sentiment : » Usgue ad fiindiim calicis soporis bibisti, et potasti usqtte ad fœces ("). Et voici un effet étrange : « Je les vois, poursuit Isaïe, tombés dans les coins des rues, si profondément assoupis, qu'ils semblent tout à fait morts : » Filii tui projecti suitt, dormierM7tt in capite omnium viarum (^). C'est l'image des grands pécheurs, qui, s'étant enivrés longtemps du vin de leurs passions et de leurs délices criminelles, perdent enfin toute connaissance de Dieu et tout sentiment de leur mal. Ils pèchent sans scrupule; ils s'en souviennent sans douleur ; ils s'en confessent sans componction ; ils y retombent sans crainte; ils y persévèrent sans inquiétude ; ils y meurent enfin sans repentance.

Ouvrez donc les yeux, ô pécheurs ! et connaissez l'état où vous êtes. Pendant que vous contentez vos mauvais désirs, vous buvez un long oubli de Dieu ; un sommeil mortel vous gagne, vos lumières s'éteignent, vos sens s'affaiblissent ('). Cependant il se fait contre vous, dans le cœur de Dieu, « un amas de haine et de colère : » Thesaurizas tibi iram (^), comme dit l'Apôtre ; sa fureur longtemps retenue fera tout à coup un éclat terrible. Alors vous serez réveillés par un coup mortel, mais réveillés seulement pour sentir votre supplice intolérable (^). Prévenez un si grand malheur ; éveillez-vous, l'heure e.st venue : H or a est jam nos [de somno siirgere\ Éveillez-vous pour écouter l'avertissement, de peur qu'on ne vous éveille pour écouter votre sentence. Ne tardez pas davantage : cette heure où je vous parle doit être, si vous êtes sages, l'heure de votre réveil. C'est ma seconde partie.

a. Is.^ Ll, 17. — b. Jbid.^ 20. — c. Rom.^ 11, 5.

1. Quatre mots effacés ici : « vos forces se diminuent. » (Mis plus haut.)

Page 1