Var. les
grandes affaires (') de votre État qui embrassent les affaires (^) de toute l'Europe ; je propose à ce grand génie un ouvrage plus important et un objet bien plus digne de son attention : c'est le service de Dieu et votre salut. Car, Sire, que vous servira d'avoir porté à un si haut point la gloire de votre France ('), de l'avoir rendue si puissante par mer et par terre, et d'avoir fait, par vos armes et par vos conseils, que le plus célèbre, le plus ancien, le plus noble royaume (*) de l'univers soit aussi en toute manière le plus redoutable ; si, après avoir rempli tout le monde de votre nom et toutes les histoires de vos faits, vous ne travaillez encore à {') des œuvres qui soient comptées devant Dieu, et qui méritent d'être écrites au livre de vie ? Votre Majesté n'a-t-elle pas vu dans l'évangile de ce jour l'étonnement du monde alarmé dans l'attente du jour effroyable où Jésus-Christ paraîtra en sa majesté ? Si les astres, si les éléments, si ces grands ouvrages, que Dieu semble avoir voulu bâtir si solidement pour les faire durer toujours (^), sont menacés de leur ruine, que deviendront les ouvrages qu'auront élevés des mains mortelles ? Xe voyez-vous pas ce feu dévorant qui précède la face du juge terrible, qui abolira en un même jour et les villes, et les forteresses, et les citadelles, et les palais, et les maisons de plaisance, et les arsenaux, et les marbres, et les inscriptions, et les titres, et les histoires, et ne fera qu'un grand feu et peu après (^) qu'un amas de cendre de tous les monuments des rois ? Peut-on s'imaginer de la grandeur en ce qui ne sera un jour que de la poussière ? Il faut remplir d'autres fastes et d'autres annales.
Dieu, messieurs, fait un journal de notre vie : une main
1. Var. des affaires. — hifatigabîement remplace sans cesse^ qui a été effacé.