Var. et nous révérons en eux
6. Édit. et la sainte et glorieuse dépendance par laquelle ils demeurent éternellement assujettis à ce premier Etre, auquel seul nous rapportons tout notre culte, comme au seul principe de tout notre bien et au terme unique de tous nos désirs. — Bossuet a retranché cette queue de phrase, qu'il jugeait avec raison trop chargée d'incidentes.
FÊTE dp: la conception. 617
Ne soyons donc pas de ceux qui pensent diminuer la gloire de Dieu et de Jésus-Christ, quand ils prennent de hauts sentiments de la sainte Vierge et des saints. Telle est la vaine appréhension des ennemis de l'Eglise. IMais, certes, c'est attribuer à Dieu une faiblesse déplorable que de le rendre jaloux de ses propres dons et des lumières qu'il répand sur ses créatures : car que sont les saints et la sainte Vierge, que l'ouvrage de sa main et de sa grâce ? Si le soleil était animé, il n'aurait point de jalousie en voyant « la lune qui préside à la nuit, » comme dit Moïse (''), par une lumière si claire, parce que toute sa clarté dérive de lui, et que c'est lui-même qui nous luit et qui nous éclaire par la réflexion de ses rayons. Quelque haute perfection que nous reconnaissions en Marie, Jésus-Christ pourra-t-il en être jaloux, puisque c'est de lui qu'elle est découlée, et que c'est à sa seule gloire qu'elle se rapporte ? C'est une erreur misérable. Mais ils sont beaucoup plus dignes de compassion lorsqu'ils nous accusent d'idolâtrie dans la pureté de notre culte, et qu'ils en accusent avec nous les Ambroise, les Augustin et les Chrysostome ('), dont ils confessent eux-mêmes, je n'impose pas, que nous suivons la doctrine, la pratique et les exemples. Il ne faut pas que des reproches si déraisonnables, qu'ils font avec tant d'aigreur à l'Eglise catholique, nous aigrissent nous-mêmes contre eux ; mais qu'ils nous fassent déplorer les excès où sont emportés les esprits opiniâtres et contredisants, et nous inspirent par la charité un désir sincère de les ramener et de les instruire.
Comme nous n'avons qu'un seul Dieu, aussi n'avons-nous qu'un Médiateur universel ; et c'est celui qui nous a sauvés par son sang. Quelques philosophes païens estimaient que la nature divine était inaccessible aux mortels, qu'elle ne se mêlait pas immédiatement et par elle-même dans les affaires humaines, où sa pureté, disaient-ils, se serait souillée ; et que, ne voulant pas que des créatures si faibles que nous pussent aborder son trône, elle avait disposé des médiateurs entre
a. Gen., i, 16.
I. J/j. les Ambroises, les Augustins et les Chrysostomes. — Aujourd'hui les noms propres avec le signe du pluriel feraient e'quivoque.
6l8 AVENT DE SAINT-GEKMAIN.
elle et nous, qu'ils appelaient pour cela des dieux mitoyens. Nous rejetons cette doctrine (') : puisque le Dieu que nous servons nous a créés de sa propre main à son image et ressemblance, nous croyons qu'il nous avait faits dans notre première institution pour converser avec lui : et si nous sommes exclus de sa bienheureuse présence et d'une si douce communication, c'est parce que nous sommes devenus pécheurs. Le sang de Jésus-Christ nous a réconciliés, et ce n'est qu'au nom de Jésus que nous pouvons désormais approcher de Dieu. C'est en ce nom que nous prions pour nous-mêmes ; c'est en ce nom que nous prions pour les fidèles : et Dieu, qui aime la charité et la concorde des frères nous écoute favorablement les uns pour les autres. Ainsi nous ne doutons pas que les saints, qui régnent avec Jésus-Christ, ne soient des intercesseurs agréables,' qui s'intéressent pour nous. Parce que nous sommes chers à Dieu, tous ceux qui sont avec Dieu sont des nôtres: oui, tous les bienheureux (^) sont nos amis et nos frères; nous leur parlons avec confiance, et, quoiqu'ils ne paraissent pas à nos yeux, notre foi nous les rend présents : leur charité aussi {') nous les rend propices, et ils concourent à tous les vœux que la piété nous inspire.
Mais écoutez, chrétiens, « une doctrine plus utile et plus excellente : » Adiiiic excellentiorem viam vobis demonstro (f). Les idolâtres adoraient des dieux coupables de mille crimes. On ne pouvait les honorer sans profanation (^), parce qu'on ne pouvait les imiter sans honte. Mais voici la règle du christianisme, que je vous prie de graver en votre mémoire. Le chrétien doit imiter tout ce qu'il honore : tout ce qui est l'objet de notre culte doit être le modèle de notre vie (^).
Le Psalmiste, après avoir témoigné (^) son zèle contre les
a. I Cor., XII, 31. — b. S. Aug., De CiviL Dei, lib. VIII, cap. xvii.
1. Édit, Nous rejetons cette doctrine, puisque... et ressemblance. Nous croyons... — Ponctuation qui altère le sens. — Bossuet corrige ici : « à son image çXse?nb lance, -^ qu'il acceptait autrefois. {Trinité, 1655, t. II, p. 50. Du reste, ressemblance se lisait dès lors dans la même page.)
2. Édit. tous les esprits bienheureux. — Esprits est effacé, bien que le trait de plume ait porté un peu à côté.