Var. échauffé
idoles muettes et insensibles que les païens adoraient, conclut enfin en ces termes: « Puissent leur ressembler (') ceux qui les servent et qui mettent en elles leur confiance ! » Si7niles mis fiant qui faciimt ea... {^)\ Il voulait dire, messieurs, que l'homme se doit conformer à ce qu'il adore; et ainsi que les adorateurs des idoles méritent de devenir sourds et aveugles comme elles. Mais nous qui adorons un Dieu vivant, nous devons être vivants comme lui d'une véritable vie. Il faut que « nous soyons saints, parce que le Dieu que nous servons est saint (^). » Il faut « que nous soyons miséricordieux, parce que notre Père céleste est miséricordieux (^) ; » et que nous pardonnions ('•') comme il nous pardonne ('). Il faut « que nous soyons des adorateurs spirituels, et que nous adorions en esprit, parce que Dieu est Esprit ('). » Enfin « nous devons nous rendre parfaits, dit le Fils de Dieu, parce que celui que nous adorons est parfait (-^). »
Quand nous célébrons les saints, est-ce pour augmenter leur gloire .^ Ils sont pleins, ils sont comblés. C'est pour nous inciter à les suivre. Ainsi, à proportion, quand nous les honorons pour l'amour de Dieu, nous nous engageons à les imiter. C'est le dessein de l'Eglise dans les fêtes qu'elle célèbre à leur honneur ; et elle déclare son intention par cette belle prière : « O Seigneur ! donnez-nous la grâce d'imiter ce que nous honorons (^). » « Autant de fêtes que nous célébrons, dit saint Basile de Séleucie (2), autant de tableaux nous sont proposés pour nous servir de modèles. » « Les solennités des martyrs, dit saint Augustin (^'), sont des exhortations au martyre : » « Les martyrs, dit le même Père ('), ne se portent pas volontiers à prier pour nous, s'ils n'y reconnaissent quelques-unes de leurs vertus. » C'est donc la tradition et la
a. Ps., CXIII, i6. — Ms. Similds eis... — b. Lei'it., xi, 44. — c. Luc.^ vi, 36. — d. Matlh.y VI, 14. — e.Joan., v, 24. — /. Afa/Z/i., v, 48. — i,'-. Collect. in die S. Stephani. — h. Appetid.^ Serm. ccxxv, n. i. — i. Ibid.^ Serm. ccxcii, n. i.
1. Var. leur être semblables. — Preuiicre rédaction : que ceux qui les servent et qui y mettent leur confiance — qui les adorent, dit-il, — leur soient semblables !
2. Xote marginale (aisée à compléter) : « Son soleil sur les bons et sur les mauvais ; nous, notre charité sur nos amis et sur nos enemis. >
3. Ce Père grec est toujours qualifié j<2z«/ par notre orateur. L'Église toutefois ne lui a pas reconnu ce titre.
doctrine constante de l'Église catholique, que la partie la plus essentielle de l'honneur des saints c'est de savoir profiter de leurs bons exemples. En vain nous célébrons les martyrs, si nous ne tâchons de nous conformer à leur patience. Il faut être pénitent et mortifié comme les saints confesseurs, quand on célèbre la solennité des saints confesseurs; il faut être humble, pudique et modeste comme les vierges, quand on honore les vierges, mais surtout quand on honore la Vierge des vierges.
Vous donc, ô enfants de Dieu, qui désirez d'être heureusement adoptés par la Mère de votre Sauveur ('), soyez ses fidèles imitateurs, si vous voulez être ses dévots. Vous récitez tous les jours cet admirable cantique que la sainte Vierge a commencé en ces termes : Magnificat ('*)... « Mon âme glorifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur. » « Quand nous récitons son cantique, imitons sa piété, dit excellemment saint Ambroise (^) : que l'âme de Marie soit en nous tous pour glorifier le Seigneur ; que l'esprit de Marie soit en nous pour nous réjouir en Dieu (^). » Nous admirons tous les jours cette pureté virginale qui l'a rendue si heureusement féconde qu'elle a conçu le Verbe de Dieu en ses entrailles : « Sachez, dit le même Père (^), que toute âme chaste et pudique qui conserve sa pureté et son innocence, conçoit la Sagesse éternelle en elle-même, et qu'elle est remplie de Dieu et de sa grâce, à l'imitation de Marie (2). »
Souffrez, mesdames, que je vous propose comme le modèle de votre sexe celle qui en est la gloire. On aime à voir les portraits et les caractères des personnes illustres. Qui me donnera des traits assez délicats pour vous représenter aujourd'hui les grâces pudiques, les chastes et immortelles beautés de la divine Marie ? Les (^) peintres hasardent tous
a. Luc.^ I, 46 et seq. — b. In Luc, lib. II, n. 26. — c. Ibid.