‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 537 sur 573 · Var. qui désirez être enfants de Marie · texte numérisé non relu

Var. qui désirez être enfants de Marie

2. Le latin en marge : Sit in singulis Mariœ anima, ut magnijicet Domimuii ; sit in singulis spiritus Mariœ, ut exultet in Deo.

3. En marge : Omnis [enim] anima concipit Dei Verbum, si tamcJi immaculata et immu7iis a vitiis, inte?nerato castijnoniampudore custodiat.

4. Passer ici de la p. xi du second point à la p. XV, en tenant compte d'un renvoi^ et en remplaçant : que f ai tracé par qtce je t?-ace.

les jours des images de la sainte Vierge, qui ressemblent à leurs idées et non à elle. Le tableau que je trace aujourd'hui et que je vous invite, messieurs, et vous principalement, mesdames, de copier dans votre vie, est tiré sur l'Évangile ; et il est fait, si je l'ose dire, après le Saint-Esprit même. Mais remarquez que cette Écriture ne s'occupe pas à nous faire voir les hautes communications de la sainte Vierge avec Dieu, mais les vertus ordinaires, afin qu'elle puisse être un modèle d'un usaofc commun et familier. Donc le caractère essentiel de la Vierge bienheureuse, c'est la modestie et la pudeur : elle ne songeait ni à se faire voir, quoique belle ; ni à se parer, quoique jeune ; ni à s'agrandir, quoique noble ; ni à s'enrichir, quoique pauvre. Dieu seul lui suffit et fait tout son bien. Combien est-elle éloignée de celles dont on voit errer de tous côtés les regards hardis ('), et qui se veulent aussi faire regarder par leurs mines et leurs façons affectées ! Marie trouve ses délices dans sa retraite, et est si peu accoutumée à la vue des hommes, qu'elle est même troublée à l'aspect d'un ange. « Elle fut donc troublée, dit l'historien sacré (""), à la parole de l'ange ; et elle pensait en elle-même quelle pouvait être cette salutation. » Mais remarquez ces paroles : Elle est troublée, et elle pense : elle est toujours sur ses gardes, et la surprise n'étouffe (^) pas en son âme, mais plutôt elle y éveille la réflexion. « Ainsi sont faites les âmes pudiques : on les voit toujours craintives, jamais assurées; elles tremblent où il n'y a rien à appréhender, afin de trouver la sûreté dans le péril même : elles soupçonnent partout des embûches, et craignent moins les injures que les complaisances, moins ce qui choque qjje ce qui plaît, moins ce qui rebute que ce qui attire {'). »

Mais, admirez qu'elle pense et qu'elle ne parle pas ; elle

a. Luc.f I, 29.

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