Edit. de. — Mais à du manuscrit est une correction
7. Vai: de nous rendre en quelque façon ses égaux. — L'auteur revient à cette variante, en se relisant, en 1669.
lui-même se fait en effet le cœur d'un Dieu. Car la théologie nous enseigne que comme Dieu est la source (') et le centre de toutes choses, comme il est le seul sage et le seul puissant, il lui appartient, chrétiens, de s'occuper de lui-même, de rapporter tout à lui-même, de se glorifier en ses conseils et de se confier en son bras (') et en sa force. Quand donc une créature s'admire dans sa vertu, s'aveugle dans sa puissance, se plaît dans son industrie, s'occupe enfin tout entière de ses propres perfections, elle agit à la manière de Dieu, et, malgré sa misère et son indigence elle imite la plénitude de ce premier Etre. En effet, cet homme capable {^) qui règne dans un conseil et ramène tous les esprits par la force de ses discours, lorsqu'il croit que son raisonnement et son éloquence et non la main de Dieu a tourné les cœurs, ne dit-il pas tacitement : Labianostra a nobis sunt (*) : « Nos lèvres sont de nous-mêmes, » et c'est nous qui avons trouvé ces belles paroles qui ont touché tout le monde } Et celui qui se persuade que c'est par son industrie qu'il s'est établi, et ne fait pas de réflexion sur la Providence divine qui l'a conduit par la main, ne dit-il pas avec Pharaon : Mens est fluvius, et ego feci memetipsîim i^) : « Tout ce grand domaine est à moi, je suis l'ouvrier de ma fortune, et je me suis fait moi-même ? » Quiconque enfin s'imagine qu'il peut achever ses affaires par sa tête ou par son bras, sans remonter au principe d'où viennent tous les bons succès, se fait lui-même un dieu dans son cœur, et il dit avec ces superbes: « C'est notre main vigoureuse qui a fait hautement ces choses : » Manus nostra excelsa (^) . . . \fecit hœc\.
Malheur à la créature qui, faisant le dénombrement de ce qui est nécessaire pour ses entreprises, ne compte pas avant toutes choses le secours de Dieu, et ne lui rapporte pas toute la gloire ! Dieu se rit de ces vains conseils, et il les dissipe ; car c'est lui dont il est écrit « qu'il éprouve les desseins des peuples, qu'il confond (^) quand il lui plaît les entreprises des
a. Ps.j XI, 5. — b. Ezech., XXIX, 3. — c. Deuîer.^ XXXII, 27.
1 . Surcharges de 1669 : « * la source du bien, le centre du bien. »
2. Autre surcharge (1669) : « * victorieux et en sa force invincible. >